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Éditorial du mois

"La Maçonnerie adogmatique : mais quel adogmatisme ?

 

Le monde maçonnique proclame tous les jours son adogmatisme et le brandit comme un étendard derrière lequel l’ensemble des Maçons doit se ranger. Hors adogmatisme, point de salut pour la Franc-Maçonnerie.

 

Mais en fait derrière cet étendard adogmatique se retrouvent deux conceptions dominantes de la Maçonnerie.

 

La première qui se veut politique, sociale et philosophique et proclame la laïcité comme expression de l’affranchissement de toute religion. Cela ayant pour corollaire le rejet de toute considération à caractère religieux dans ses travaux. Elle n’est alors plus vraiment laïque car la vraie laïcité devrait l’amener à une acceptation - sur un même pied d’égalité - de toute expression religieuse, et donc une douce liberté d’expression de cette religion dans ses réflexions tout en conservant à ses travaux leur spécificité que nous avons énoncée. En fait, elle transforme le principe de laïcité en une affirmation fondamentale, indiscutable et intangible c’est-à-dire en un dogme areligieux.

 

La seconde se dit de tradition et/ou spiritualiste car fondée sur les symboles traditionnels tout en laissant une très grande liberté d’interprétation de ces derniers. Ses débats sont donc ouverts mais son acceptation de l’interprétation religieuse des symboles très limitée. Bien que se proclamant traditionnelle, elle renonce à l’essence chrétienne de la Maçonnerie spéculative du 18ème siècle. Elle confesse alors sa croyance en l’existence d’un principe supérieur qu’elle se refuse à appeler Être divin et encore moins Dieu. Cette position de principe transforme sa spiritualité en une métaphysique et une philosophie. En fait sa spiritualité s’accompagne d’un principe indiscutable qui est une sorte de dogme déiste.

 

De notre côté, nous respectons et défendons l’essence chrétienne traditionnelle de la Maçonnerie. Ce qui implique que nos rites sont empreints de ce christianisme. D’où notre conception de la fraternité maçonnique qui est une fraternité en Dieu. Elle se base sur la pratique des vertus libératrices des passions et affections ainsi que des vices qui y sont attachés. Elle exige aussi la bienfaisance envers tous les hommes, de quelque confession qu’ils soient. Le détachement que ces exercices induisent est la vraie liberté qui rétablit la dignité de l’homme. Le christianisme dicte donc nos travaux pour atteindre ce but et aider, par l’exemple, les autres hommes à le faire même s’ils ne sont ni Maçons ni chrétiens. Ce christianisme est bien sûr porté par les dogmes fondamentaux qui nous en donnent les clés, mais dont nous nous refusons de débattre chacun étant sensé les avoir acquis avant d’entrer.

 

L’adogmatisme maçonnique n’est donc qu’apparent et de notre côté nous optons pour un principe de Maçonnerie chrétienne ouverte et bienfaisante, libératrice et réparatrice."