Le Rite Français
au XVIIIè siècle

La Maçonnerie française des origines
Au cours du XVIIIe siècle, des innovations furent ajoutées aux rituels français conférant aux cérémonies un caractère spécifique qui, malgré un fond commun, les distinguait désormais des pratiques anglaises. Malgré tout, le Rite Français resta fidèle aux pratiques générales de la Maçonnerie française du XVIIIe siècle alors que le Rite Écossais Rectifié préféra adopter sur le plan formel des éléments de la Stricte Observance, y intégrant la doctrine de Martines de Pasqually. De même, par analogie à la Maçonnerie anglaise des Anciens, le Rite Écossais Ancien et Accepté choisira plus tard d’imprégner ses trois premiers grades d’un contenu hermétique jusque là réservé aux seuls hauts grades.
Le développement des rituels en France au cours du XVIIIe siècle a été facilité puisqu’aucun rituel officiel n’avait encore été adopté ni par la première Grande Loge de France ni, à ses débuts, par le Grand Orient de France qui lui succéda.
1801 : année de fixation des rituels de la Maçonnerie française
Mais cela eut pour conséquence une diversification et une multiplication des rituels. Le Grand Orient de France, dans le but de rétablir l'uniformité, s'occupera à partir de 1779 de la rédaction de rituels officiels. Ce travail aboutit à partir de 1784 à une rédaction finale approuvée par l'assemblée générale du Grand Orient, prenant ainsi force de loi dans les loges qu’il gérait et qui constituaient la majorité des Loges françaises. II nous est ainsi parvenu parmi les rituels de cette époque un certain nombre d’exemplaires manuscrits antérieurs à la Révolution. Ce n’est qu’en 1801 qu’ils furent imprimés dans deux recueils fédérateurs intitulés :
- LE RÉGULATEUR du MAÇON ( HÉRÉDON, l’an de la Grande Lumière 5801)
- LE RÉGULATEUR des CHEVALIERS MAÇONS ou LES QUATRE ORDRES SUPÉRIEURS (suivant le régime du Grand-Orient, HÉRÉDON,1801)

Le Régulateur du Maçon a la particularité d’avoir été édité sous la forme de trois cahiers pour chacun des grades dont le cahier du Très Vénérable, qui est le seul complet, et deux opuscules pour chacun des Surveillants ne leur donnant que la matière nécessaire pour remplir leur office. Ainsi, si l’on compte les différents recueils du Régulateur des Chevaliers Maçons édité au même moment, le Régime complet en sept grades du Rite Français rassemble 21 cahiers. Aucun d’eux n’est signé . On a attribué longtemps la rédaction des trois premiers grades à Prosper Moutier ; on s’accorde désormais à reconnaître que les rituels des sept grades sont le fruit en particulier des travaux du Grand Vénérable Roettiers de Montaleau.