RÉGIME   ÉCOSSAIS   RECTIFIÉ

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Nature du Régime

                 Le Régime Écossais Rectifié est un Système maçonnique et chevaleresque chrétien qui fut constitué en France dans le troisième quart du 18ème siècle.
Après une éclipse apparente au 19ème siècle, il connaît à notre époque, et surtout depuis les années 1960, un fort regain de vitalité.

                Né en France, le Rite Écossais Rectifié y a été conservé et continue à y être pratiqué dans sa pureté et son intégrité originelles sous l'égide du Grand Prieuré des Gaules, juridiction indépendante et souveraine qui est le conservateur et le gérant du Régime. Il conserve les rituels dans toute leur pureté et intégralité, de même que la Constitution Originelle : Code maçonnique des loges réunies et rectifiées de France et Code général des règlements de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (C.B.C.S.) de 1778. Il est le garant de la pratique authentique et régulière du Rite.

               Il faut noter que la notion de Régime renvoie à l'organisation structurelle du système et que celle de Rite à la pratique rituelle proprement dite. Les deux expressions : Régime Écossais Rectifié et Rite Écossais Rectifié ne sont donc pas, à strictement parler, interchangeables, même si la pratique courante les confond, ce que facilite leur sigle commun : R.E.R.

                Le Grand Prieuré des Gaules n'est pas, au sens précis du terme, un Grand Prieuré templier. C'est un Grand Prieuré de Rite Écossais Rectifié. Cependant, conformément à la volonté formelle de ses fondateurs, il affirme une filiation spirituelle avec l'Ordre du Temple médiéval.

                Le Grand Prieuré des Gaules a pour armes un chevalier cuirassé portant une lance élevée, sur champ de gueules avec la devise : " QUI CUPIT ".

 

 

    

Ce sont celles de la deuxième Province, dite d'AUVERGNE. Il est en outre détenteur de celles de la troisième Province dite d'OCCITANIE : une galère d'argent sur champ de gueules avec la devise " PROSPERO MOTU ".

De même, afin de reconstituer l’unité d’origine des trois Provinces de langue française, il a repris récemment ses droits sur la cinquième Province  dite de BOURGOGNE : une tête de mort sur champ de gueules avec la devise "MORS  OMNIA  AEQUAT" .

               Le Régime Écossais Rectifié a pour but de maintenir et de fortifier, non seulement dans l'Ordre Intérieur, mais aussi dans les Loges maçonniques, les principes qui sont à sa base :

  • La fidélité à la religion chrétienne, fondée sur la foi en la Sainte Trinité,

  • L'attachement aux principes et traditions, tant maçonniques que chevaleresques, du Régime, se traduisant par l'approfondissement de la foi chrétienne et l'étude de la doctrine ésotérique chrétienne, enseignée dans l'Ordre,

  • Le perfectionnement de soi-même par la pratique des vertus chrétiennes afin de vaincre ses passions, corriger ses défauts et progresser dans la voie de la réalisation spirituelle,

  • Le dévouement à la patrie et le service d'autrui,

  • La pratique constante d'une bienfaisance active et éclairée envers tous les hommes , quelles que soient leur race, leur nationalité, leur situation, leur religion et leurs opinions politiques ou philosophiques.

               La réalisation spirituelle que le Régime Écossais Rectifié propose comme but à chacun de ses membres, en lui en fournissant les moyens, c'est de redevenir homme véritable, temple de Dieu, Un en trois Personnes.

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Histoire

               Du point de vue formel, le Régime Écossais Rectifié a trois origines, du point de vue spirituel, il a deux sources ou inspirations. 

               Pour ce qui est de la structure et de la symbolique tant maçonnique que chevaleresque, les trois origines du Régime sont : 

  • La Maçonnerie française de l'époque, avec sa prolifération de grades les plus divers  (Willermoz les connaissait tous et en avait pratiqué beaucoup ) et qui, épurée, devait être structurée vers 1786 -1787 en un Système qui devait plus tard porter le nom de Rite Français ", avec ses trois grades et ses quatre  ordres ; sans omettre les divers grades dont la combinaison constitue ce qu'on appelle " l'écossisme " .

  • Le Système propre à Martinez de Pasqually, personnage énigmatique mais inspiré, que Willermoz, comme Louis-Claude de SAINT-MARTIN, reconnut toujours pour son Maître, c'est- à-dire " l'Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coens de l'Univers".

  • La Stricte Observance, dite encore " Maçonnerie rectifiée ou réformée de Dresde ", Système allemand où l'aspect chevaleresque primait absolument sur l'aspect maçonnique, qui se voulait non seulement l'héritier, mais le restaurateur de l'ancien Ordre du Temple aboli en 1312.

       Le Régime Écossais Rectifié a été organisé entre 1774 et 1782 par deux groupes de Maçons lyonnais et strasbourgeois, parmi lesquels on peut citer Jean et Bernard de TURKHEIM et Rodolphe SALTZMANN ( Strasbourg ) et surtout Jean-Baptiste WILLERMOZ ( Lyon 1730 - 1824 ) qui en fut l'âme pensante. L'architecture du Régime fut son œuvre, et c'est lui qui mit en forme la doctrine que celui-ci véhicule.

                Les deux sources spirituelles sont :

  • La doctrine " ésotérique " de Martinez de Pasqually dont l'essentiel porte sur l'origine première, la condition actuelle et la destination ultime de l'homme et de l'univers.

  • La Tradition chrétienne indivise, nourrie des enseignements des Pères de l'Église.

               Quoi que certains aient affirmé, ces deux doctrines, non seulement ne se contredisent pas, mais au contraire se corroborent l'une l'autre.

               Tous les textes prouvent la parfaite orthodoxie, au regard de l'ensemble des confessions chrétiennes, du Régime Rectifié, qui s'occupe, non de ce qui divise les chrétiens, mais de ce qui les réunit.

                Partant de là, Willermoz a donné à son Système ou Régime une architecture concentrique, en l'organisant en trois "classes" successives de plus en plus intérieures et en même temps de plus en plus secrètes, chaque classe étant inconnue de celle qui lui était extérieure.

                En outre, il a doublé le parcours initiatique de grade en grade par un enseignement doctrinal, progressivement de plus en plus précis et explicite, au moyen d' " instructions "  qui font partie intégrante du rituel de chaque grade.

              Cette conception d'ensemble - architecture du Régime et doctrine - a été officiellement approuvée en deux étapes. D'abord sur le plan national, par le Convent des Gaules, à Lyon  (novembre - décembre 1778 ) lequel ratifia, entre autres, le Code maçonnique des Loges réunies et rectifiées et le code de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, qui demeurent les textes constitutionnels, toujours en vigueur, du Régime. Puis sur le plan européen, par le Convent de Wilhelmsbad, en Allemagne ( août-septembre 1782 ), tenu sous la présidence du duc Ferdinand de Brunswick-Lunebourg et du prince Charles de Hesse, principaux dirigeants de la Stricte Observance, qui se rallièrent à ce qu'on appelait à l'époque la " Réforme de Lyon ".

       Dans sa structure d'origine, le Régime Écossais Rectifié comportait trois classes, deux ostensibles et une " secrète " :

     .  1. La classe symbolique ou Ordre maçonnique, dans laquelle est conférée et conduite à son terme l'initiation maçonnique.Cette classe est elle-même subdivisée en quatre grades : Les grades pratiqués dans les Loges de Saint-Jean, dites " Loges bleues " en raison de la couleur de leurs décors; le grade de Maître Écossais de Saint-André, pratiqué dans les Loges de Saint-André ou Loges Écossaises, dites " Loges vertes " pour les mêmes raisons.

 

 

 

Sans le quatrième grade, l' Initiation maçonnique demeure incomplète. La cérémonie de réception à ce grade récapitule et parachève le contenu initiatique et doctrinal des trois précédents, et le mène à son accomplissement. Il est donné au Maître Écossais de Saint-André de contempler tout ce qui l'attend jusqu'à sa réintégration dans la Jérusalem céleste, but de l'initiation chrétienne.     

            Ces quatre grades sont axés sur la reconstruction intérieure de l'homme par l'approfondissement de la foi et la pratique assidue des vertus chrétiennes

 Lorsque le Maître Écossais de Saint-André a atteint le degré requis de réalisation spirituelle prouvant qu'il a effectivement mis en œuvre l'initiation maçonnique, il peut avoir accès à l'Ordre intérieur.

      2. L'Ordre intérieur est un Ordre de chevalerie chrétien qui n'est en aucune façon assimilable ni à un Système de hauts grades, ni à des grades philosophiques.Il comporte deux étapes :

  • Une étape préparatoire et transitoire : le noviciat. La qualité d'Ecuyer novice est conférée par la cérémonie de la vestition. Cette qualité est cependant révocable. En effet, l'Écuyer novice a pour unique tâche de se préparer, durant deux années au moins, à devenir Chevalier; mais s'il s'y révèle définitivement inapte, il peut, et même - selon la prescription du code des C.B.C.S. - il doit quitter l'Ordre Intérieur.

  • La seconde étape est celle de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte ( en abrégé C.B.C.S. ). Ce n'est pas un grade, mais une qualité que confère la cérémonie d'armement. Celle-ci est en principe célébrée  par le Grand Prieur de l'Ordre des C.B.C.S. en personne, ou à défaut, par un dignitaire mandaté par le Grand Maître.

               Le Chevalier a le devoir d' œuvrer activement dans l'Ordre et dans le monde pour mettre en pratique les enseignements moraux, religieux et doctrinaux reçus dans les Loges de Saint-Jean et de Saint-André, qu'il n'abandonne pas pour autant mais où il doit, au contraire, et plus que jamais, se dévouer au service de ses frères et de tous les hommes, en particulier par l'exercice de la bienfaisance.

      3- Au 18ème siècle, existait en outre une " classe secrète " , celle de la Profession. 

                 Les Chevaliers qui la composaient se répartissaient en deux catégories : les Profès et les Grands Profès, réunis en un Collège métropolitain. Tenus à un engagement total envers l'Ordre, sans exercer en tant que tels des fonctions de responsabilité ou de direction administratives, ces dernières incombant aux dignitaires de l'Ordre intérieur, les Profès et les Grands Profès se vouaient à l'approfondissement, par l'étude et la méditation, de la doctrine exposée dans les textes ( " instructions secrètes " ) conservées par le Collège métropolitain, à charge pour eux de vivifier l'Ordre à la fois par leurs connaissances et leur exemple de vie. Cette classe poursuit toujours, comme d'ailleurs à l'origine, une existence très discrète.

                Selon les décisions prises au Convent des Gaules et confirmées au Convent de Wilhelmsbad, le Régime Écossais Rectifié - se démarquant ainsi de la Stricte Observance - avait renoncé à une filiation historique avec l'Ordre du Temple, tout en conservant avec lui une filiation spirituelle, illustrée par l'adoption, au même Convent, de la dénomination " Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ", de façon à faire référence aux " pauvres chevaliers du Christ " des origines, et non à l'Ordre riche et puissant que leurs successeurs étaient devenus dans la suite des temps.

              De par sa filiation spirituelle, le Régime Écossais Rectifié revendique la double qualité chevaleresque et religieuse. Cette double qualité, qui apparaît déjà en filigrane dans les grades maçonniques et est conférée en plénitude par l'armement, est à mettre en œuvre dans un monde qui n'est plus, ni celui du 12ème siècle, ni celui du 18ème siècle, mais pourtant par des moyens dont la nature essentielle reste immuable puisqu'ils consistent en la mise en pratique quotidienne et universelle des vertus théologales de foi, d'espérance et de charité. Cela s'exprime dans les devoirs imposés, non seulement au C.B.C.S., mais aussi au Maçon rectifié, dès le grade d'apprenti, de la défense de la sainte religion chrétienne et de l'exercice de la bienfaisance envers tous et particulièrement envers les plus faibles et les plus démunis.

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Structures

               Au 18ème siècle, coexistait une double hiérarchie, dirigée par les mêmes dignitaires mais sous des appellations différentes, de façon à éviter toute confusion entre la classe symbolique ou Ordre maçonnique et l'Ordre chevaleresque. Cette distinction fondamentale subsiste toujours.

               Jusqu'en 1958, le Grand Prieuré des Gaules dirigeait l'Ordre Intérieur, cependant qu'une Grande Loge Écossaise Rectifiée, travaillant sous l'égide du Régime Écossais Rectifié, conférait les quatre grades maçonniques dans les Loges de Saint-Jean et de Saint-André.

               Par une convention en date du 7 juillet 1958, le Grand Prieuré des Gaules décida la dissolution de la Grande Loge Rectifiée et remit la gestion des trois premiers grades à la Grande Loge Nationale Française, sous l'autorité de laquelle elle plaça ses Loges de Saint-Jean, moyennant l'affirmation par les parties signataires que la pratique de ces grades se ferait conformément au Code maçonnique des Loges réunies et rectifiées de 1778.

              Cette opération fut certainement facilitée par le fait que la restauration de la prétendue régularité maçonnique en France avait été l’œuvre d'une Loge rectifiée, le Centre des Amis n° 1, qui fut à l'origine de la fondation, en 1913, de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les colonies françaises, devenue en 1948 la Grande Loge Nationale Française.

             Quant aux Loges de Saint-André, séparées des Loges de Saint-Jean auxquelles elles étaient auparavant intimement unies - ce qui a indubitablement porté atteinte à la cohérence interne de la classe maçonnique - elles furent placées sous l'autorité d'un Directoire Écossais ( Article 4 de la même convention ).

             C'est pourquoi en juin 2000 à l'occasion de la scission d' avec la G.L.N.F., le Grand Prieuré des Gaules put enfin réunir ce qui était épars et particulièrement redonner au Régime Rectifié toute son unité d' origine conformément à l'esprit  de ses illustres fondateurs.

               La direction du Régime Rectifié incombe, par délégation du Grand Maître du G.P.D.G. et selon les statuts en vigueur depuis la Saint - Georges 2005 au  Grand Prieur de l' Ordre des C.B.C.S. également Député Maître Général pour la classe maçonnique. Le Député Maître Général préside  le Directoire National des Loges  Rectifiées, qui en est l'organe délibérant  et qui gère l'ensemble des Régences écossaises du  territoire national.

               Le territoire national   rassemble les  trois Provinces de langue française; il  est divisé, pour ce qui est de l' Ordre intérieur, en Préfectures et Commanderies placées sous la direction du Grand Prieur de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. C'est pourquoi dans la mesure du possible les territoires des Régences écossaises et des Préfectures coïncident.