G.P.D.G

Grande Loge  Réunie et

Rectifiée de France

QUESTIONS &  REPONSES

Rite Français

Rite d'Ecosse

Rite  Ecossais Rectifié

Les ORDRES

 

 

RITE ÉCOSSAIS D’ÉCOSSE : INTRODUCTION

C’est en 1992 que le Grand Prieuré des Gaules par le truchement du Grand Prieuré d’Angleterre implante l’Ordre Religieux, Militaire & Maçonnique de Malte ; en février 2000 le Grand Prieuré d’Écosse lui octroie une patente pour la pratique de l’Ordre du Temple . C’est le 1er mai 2003 qu »a été fondé le premier Chapitre de l’Arc Royal .Toutes les structures correspondantes sont actuellement administrées par le Grand Prieur du Temple & de Malte qui occupe également la fonction de Grand Maître Maçon pour les Loges symboliques.

 

LES LOGES DES DEUX SAINTS JEAN ET DE LA MARQUE

Les Loges symboliques du Rit d’ Écosse travaillent aux trois grades d’Apprenti, Compagnon et Maître Maçon et pratiquent de même les degrés de Maçon de Marque et Maître Maçon de Marque selon l’usage qui prévaut en Écosse. De même, les Vénérables Maîtres des Loges des deux Saint Jean sont reçus au Grade de Maître Installé.

 

L’ARC ROYAL

Les Compagnons de l’Arc Royal travaillent selon les plus anciennes traditions renouant avec les origines chrétiennes de ce degré. Ils doivent avoir été précédemment été reçus au grade d’ Excellent Maçon.

 

L’ORDRE MAÇONNIQUE ET MILITAIRE DU TEMPLE ET DE SAINT – JEAN DE JÉRUSALEM, PALESTINE, RHODES & MALTE

Cet Ordre « maçonnique et militaire » pratique les degrés de Chevalier du Temple (Knight Templar) et Chevalier de Malte (Knight of Malta).

 

POURQUOI « RITE ÉCOSSAIS D’ÉCOSSE » ?

Afin d’abord de bien marquer, du moins pour ceux qui auront la curiosité de réfléchir et de chercher, que la « pure et ancienne Maçonnerie » est issue du pays d’Écosse et y a été conservée depuis des siècles avec le minimum d’altérations. C’est donc à cette source-là que, selon notre démarche constante en tous les rites pratiqués au Grand Prieuré des Gaules, nous voulions-nous alimenter.

Ensuite pour rappeler que, dans la terminologie en usage en France depuis les premières décennies de la Maçonnerie, « écossisme » est synonyme d’existence de hauts grades, un rite est dit « Écossais » lorsqu’il possède de tels hauts grades, un grade est « Écossais » lorsqu’il est un haut grade, c’est-à-dire un grade au-delà de celui de Maître. Or tel est bien le rite pratiqué en Écosse et importé chez nous dans les conditions que nous allons dire, même s’il sacrifie formellement à la séparation à l’anglaise entre les trois grades « de métier » (Craft) et les autres.

 

Enfin, last but not least, nous avions la volonté de marquer, sur le plan maçonnique au moins, notre fidélité à l’Auld Alliance – notre Constitution la mentionne expressément – cette Vieille Alliance qui durant plusieurs siècles a uni l’Écosse et la France – contre un ennemi commun qui, est-il besoin de le rappeler, était l’Angleterre. Alliance scellée par le sang versé de nombreux et vaillants fils des Highlands, notamment aux côtés de la Pucelle d’Orléans . Auld Alliance dont la mémoire est restée vivace en Écosse – à chaque voyage en ce pays, ce n’est pas une, c’est plusieurs fois que des Écossais de rencontre y font nostalgiquement allusion – mais est presque complètement éteinte en France . Cette alliance se manifesta une fois encore en la personne du Très Éminent Grand Maître du Grand Prieuré d’Écosse Roy Scott lorsque, presque seul, il défendit le Grand Prieuré des Gaules après le coup de force de la GLNF, notamment au cours de la réunion internationale des Grands Prieurés à Stirling en août 2000. A coup sûr, il mérite le surnom de Brave Heart, surnom parlant pour ceux qui connaissent l’histoire de l’Écosse (ou ont lu Walter Scott).

 

Toutes ces raisons additionnées ont milité en faveur du choix, parmi les rites anglo-saxons, de celui qui se pratique en Écosse, pour le pratiquer à notre tour à la manière d’Écosse, et pour lui donner une épithète qui le qualifie tel : Rite écossais d’Écosse.

 

Son édification en tant que Système, comme certaines maisons en Afrique, a débuté par le toit : l’Ordre de Malte. Est ensuite venu, sept ans plus tard, l’Ordre du Temple. Enfin, après le divorce avec la GLNF, ont suivi l’Arc Royal, la Marque et les Loges symboliques. C’est cet ordre descendant que nous allons suivre dans notre présentation.

 

 

 

 

 

 

RITE ÉCOSSAIS D’ÉCOSSE : ORDRE DE MALTE

Le 12 septembre 1992, le Most Eminent and Supreme Grand Master du Grand Prieuré d’Angleterre et de Galles Harold Devereux Still, accompagné d’une importante délégation de dignitaires, procéda, à Versailles, à l’« installation » – c’est le terme consacré – en tant que Knights of Malta d’une quinzaine de dignitaires du Grand Prieuré des Gaules. Certains, à savoir le Grand Maître National et Grand Prieur Daniel F., le Grand Prieur adjoint Marc B. et le Grand Chancelier Jean-Claude T., l’avaient été la veille à Bruxelles, où une cérémonie identique avait eu lieu au bénéfice du Grand Maître National et Grand Prieur de Belgique Pierre N. et de plusieurs de ses dignitaires. Il est à noter que, comme pour le grade de Rose-Croix (voir plus loin), Pierre N. se révéla en l’occurrence un irremplaçable go between.

 

LE GRAND MAÎTRE ANGLAIS DES CHEVALIERS DE MALTE À VERSAILLES

Le même 12 septembre 1992, le Grand Maître Devereux Still installa le Digne Chevalier Marc B. comme Grand Prieur de Malte – le premier dans l’histoire maçonnique française – et proclama le Grand Maître National Daniel F. « Grand Maître des Ordres Unis », à l’instar de l’Angleterre, à cette différence près que, dans ce dernier pays, les Ordres Unis sont ceux du Temple et de Malte, tandis qu’en France, c’étaient l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte et celui de Malte.

 

S’ensuivit la création du premier Prieuré de Malte français, le Prieuré d’Isle-de-France, avec pour Eminent Prieur l’un des signataires de ces lignes. L’Ordre religieux, militaire et maçonnique des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes et Malte, pour lui donner sa titulature complète, eut à ses débuts un franc succès. Y contribuèrent certainement son décorum, la beauté théâtrale de ses cérémonies lorsqu’elles sont bien exécutées, c’est-à-dire comme à la parade, non moins que son caractère chrétien démonstratif, presque ostentatoire, pourrait-on dire, si ce terme n’avait pas une connotation péjorative. Ce n’est pas pour rien que l’on exige des impétrants une déclaration de foi en la Sainte et Indivisible Trinité. Les cérémonies étant exclusivement axées sur la personne du Christ et la défense de la foi chrétienne, un homme qui, tout en adhérant aux valeurs morales du christianisme, n’en partagerait pas la foi, n’aurait pas sa place dans cet Ordre et si, par impossible, il y était admis, il s’y sentirait tellement mal à l’aise qu’il ne pourrait que le quitter. « Oui, l’Ordre est chrétien, il doit l’être… »

 

Il importe à ce sujet de citer un propos lourd de sens tenu par le Grand Maître Devereux Still au cours de la brillante allocution improvisée qu’il prononça lors du dîner de gala qui acheva la journée du 12 septembre. Il déclara que « ses quatre-vingt-dix et quelques printemps lui donnaient assez de recul pour apprécier les événements du siècle, qui lui avaient donné la certitude que notre civilisation occidentale avait atteint les bas-fonds et que le seul artisan efficace de son redressement serait la Maçonnerie chrétienne, et singulièrement les Ordres chevaleresques chrétiens ».

 

Propos prémonitoire s’il en fut ! Car c’est très exactement le devoir et la mission que s’est assignés – treize ans plus tard – le Grand Prieuré des Gaules rénové en « Ordres des Chevaliers Maçons chrétiens de France » !

 

A l’époque, quelque succès que rencontrât l’Ordre de Malte, ce succès n’allait pas sans ambiguïté. En effet, cet Ordre étant dénué de sa base qui, en Grande-Bretagne, est l’Ordre du Temple, il avait fallu lui en donner une autre, laquelle fut l’Ordre des CBCS, auquel il se trouvait organiquement lié, au point que la cérémonie de Versailles s’intégra au sein d’un Grand Chapitre de CBCS ouvert puis fermé rituellement par le Grand Maître National Daniel F. De la même façon, le Prieuré d’Isle-de-France fut souché sur la Préfecture d’Isle-de-France, et tous les autres Prieurés créés ensuite furent souchés eux-mêmes chacun sur une Préfecture.

 

Cette greffe d’un élément étranger sur ce corps parfaitement complet et homogène qu’est le Régime Écossais Rectifié ne pouvait manquer d’engendrer des équivoques et des difficultés. En dépit des affirmations, constamment réitérées avec force par tous les Chefs du GPDG, que le CBCS est au sommet de l’Ordre et qu’il n’y a rien au-dessus, on ne put empêcher l’immense majorité des impétrants de considérer, plus ou moins inconsciemment, que puisqu’il fallait être préalablement CBCS pour devenir Chevalier de Malte, c’était bien la preuve que ce dernier constituait un septième grade. On eut beau dire et répéter le contraire, rien n’y fit.

 

La situation ne reprit son juste équilibre que lorsque l’Ordre de Malte retrouva en France la base naturelle qu’il possède ailleurs, à savoir l’Ordre du Temple.

 

 

 

 

 

 

RITE ÉCOSSAIS D’ÉCOSSE : ORDRE DU TEMPLE

 

Il n’est pas indifférent que cette entreprise de réédification et de restauration vînt d’Écosse. De fait, le Grand Maître du Grand Prieuré d’Écosse nouvellement installé à Édimbourg le 15 mai 1999, Roy Scott, établit avec le Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules, Daniel F., une « entente » tellement « cordiale » qu’elle déboucha sur une série d’initiative d’une grande portée.

 

LE GRAND MAÎTRE DES TEMPLIERS ÉCOSSAIS À PARIS…

Sur la double demande du Grand Maître Roy Scott, celui-ci fut armé CBCS le 9 octobre suivant dans la Préfecture d’Isle-de-France par le Grand Maître Daniel F., et se vit délivrer une Patente autorisant le Grand Prieuré d’Écosse à pratiquer le Régime Écossais Rectifié. En retour, il vint de nouveau à Paris le 5 février 2000 afin de consacrer la Préceptorie de Chevaliers du Temple (Knights Templar) Saint-Andrew, relevant à la fois du Grand Prieuré d’Écosse et du Grand Prieuré des Gaules dans un premier temps, et ensuite du Grand Prieuré des Gaules seul (sous le numéro 1), dont le premier Précepteur fut Daniel F., le Sous-Précepteur Marc B., le Sénéchal François D., le Maréchal Bruno B., le Chapelain Jean-François V., le Secrétaire William M. Simultanément, fut remise à cette Préceptorie une Charte datée du « 18e jour de janvier de l’année de Notre Seigneur 2000 » dont il faut au moins citer l’en-tête pour mettre en lumière l’inspiration de ces Ordres du Temple et de Malte :

« Me, by the Grace of God and the Suffrages of the Brethren, Grand Master of the Temple in Scotland and the Colonies and Dependancies of the British Crown.

To all and sundry to whom these present shall come, and particularly to the Knights of the Holy Temple and Sepulchre, GREETING, GREETING, GREETING, in the Name of JESUS CHRIST our only LORD and SAVIOUR, AMEN, AMEN, AMEN.»

 

Cette Charte donnait à ladite Préceptorie pouvoir de « créer des Chevaliers et consacrer des Chevaliers du Temple », comme aussi de « créer des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes et Malte, usuellement appelé Chevaliers de Malte… ».

 

Ainsi se trouvaient réunis Ordre du Temple et Ordre de Malte, auparavant artificiellement disjoints, et rétablie la juste pratique en vertu de laquelle le même établissement est une Préceptorie du Temple et un Prieuré de Malte, et est gouverné par le même chef sous la double titulature de Précepteur et de Prieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

RITE ÉCOSSAIS D’ÉCOSSE : LES RITUELS

 

Se posa alors la question des rituels. Nous avions précédemment adopté pour nos travaux en Prieurés de Malte le rituel anglais, légèrement amodié, rituel qui diffère peu du rituel écossais, hormis certains points non dénués d’importance ; néanmoins leur aspect général est très semblable. Il en va tout différemment des rituels du Temple qui n’ont au contraire que très peu de points de ressemblance.

L’Écosse et l’Angleterre enrichissent le fonds rituel français

 

Ainsi, et pour ne citer que cet exemple, le rituel écossais comporte un armement, ce qu’ignore absolument le rituel anglais. C’est tellement vrai que, si le candidat a auparavant « reçu les honneurs de la Chevalerie des mains d’un monarque », c’est-à-dire a reçu un ordre d’État qui confère le titre de Chevalier, cette cérémonie d’armement n’a pas lieu d’être et est donc omise. Qui plus est, lorsqu’on y procède, certaines particularités cérémonielles ainsi que les formules prononcées sont quasiment identiques à celles de l’armement d’un CBCS. Comme les deux rituels ont été élaborés d’une façon indépendante l’un de l’autre sans qu’aucun ait pu influencer l’autre, tout laisse à penser qu’ils ont une origine commune. Frederick Smyth, l’auteur de Brethren in Chivalry, a avancé l’hypothèse de la Stricte Observance : pourquoi pas ?

 

Quoi qu’il en fût, il nous fallait un rituel. Pour le Temple, aucune hésitation : nous traduisîmes au mieux le rituel écossais, qu’il s’agisse du rituel de Préceptorie proprement dit, de ceux d’installation d’un Précepteur et de consécration d’une Préceptorie, ou de celui de Grand Chapitre. Mais du coup se posait la question du rituel de Malte, car des discordances, quoique minimes, étaient apparues entre lui et celui du Temple. Nous avons donc pris le parti de garder, par révérence envers ceux de qui nous l’avions reçu, le rituel anglais, mais « écossisé », c’est-à-dire enrichi de certains éléments précieux du rituel écossais, en particulier le développement, spirituellement si riche, sur les Béatitudes.

 

Là-dessus survint le divorce avec la GLNF, qui à la fois nous imposa le devoir et nous donna la liberté de compléter l’édifice, cette fois par le bas.

 

 

 

 

RITE ÉCOSSAIS D’ÉCOSSE : L’ARC ROYAL

 

Dans tous les Systèmes anglo-saxons, le Royal Arch constitue le passage obligé entre la Maçonnerie de métier (Craft) et les grades chevaleresques. Il était donc hors de question, indépendamment de l’intérêt et de la beauté de ce degré, de nous en priver.

 

Nous décidâmes donc de le rétablir, et dans toute sa pureté. En premier lieu, nous adoptâmes la dénomination d’Arc Royal. En toute exactitude, celle de « Voûte Royale » eût été plus appropriée, plus conforme au sens qui se dégage de la légende rituelle. Si néanmoins nous ne la retînmes pas, c’est par parti pris : afin d’établir une communauté de pratique avec nos frères de la Loge Nationale Française qui ont, les premiers en France, étudié à fond les tenants et aboutissants de ce degré dans leur revue Renaissance traditionnelle et qui ont popularisé cette appellation. Si notre Rite Écossais d’Écosse est naturalisé français, il faut qu’il parle français, et qu’il ne soit pas, comme ailleurs, une pâle de démarcation du seul rite anglais connu en France, à savoir le Domatique (alors qu’il y en a une foule d’autres). Et cela d’autant plus que les plus anciens rituels connus, qui datent des années 1760-61, sont tous français.

 

C’est pourtant en utilisant ce rite Domatique, mais à titre provisoire, que certains dignitaires du GPDG, qui l’avaient pratiqué à la GLNF, se sont constitués en un Chapitre Primitif, afin de recevoir aux fonctions adéquates les futurs cadres dirigeants du Grand Chapitre de l’Arc Royal.

 

LE QUATRIÈME GRADE DE LA MAÇONNERIE D’ÉCOSSE

 

Se sont posées à cet égard deux importante questions : celle de la place des Chapitres de l’Arc Royal dans l’organisation générale du GPDG et plus spécialement du Rite Écossais d’Écosse ; et celle du rituel à adopter définitivement.

 

En ce qui concerne le premier point, il est hors de doute que l’Arc Royal fait partie intégrante de la Maçonnerie, sous la dénomination historiquement attestée de « Maçonnerie de l’Arche Royale ». C’est l’occasion ou jamais de citer le deuxième article de l’Acte d’Union de 1813 (entre les Anciens et Modernes) : « La pure ancienne Maçonnerie consiste en trois degrés, et pas davantage, c’est-à-dire ceux d’Apprenti entré, de Compagnon du métier et de Maître Maçon, y compris la Sainte Arche Royale de Jérusalem ». Et, dans la Grande Loge des Anciens, les choses étaient plus claires encore, puisque l’Arche Royale constituait un quatrième degré conféré en Loge (ce pourquoi on l’appelait « la Grande Loge aux quatre degrés », par opposition à celle des Modernes).

 

Il eût donc fallu en toute logique incorporer l’Arc Royal dans la Classe maçonnique, c’est-à-dire dans l’Ordre des Maçons chrétiens de France.

 

Si nous ne l’avons pas fait, c’est par pure raison d’opportunité. C’était déjà à grand-peine que nous étions parvenus à faire accepter des Puissances maçonniques avec lesquels nous sommes en reconnaissance, l’inclusion dans cette Classe du grade de Maître Écossais de Saint-André qui, ailleurs qu’au GPDG, en est disjoint et est rattaché à l’Ordre Intérieur ; non sens qui avait force de loi lors de notre coopération avec la GLNF mais qui brise l’architecture du Régime Écossais Rectifié. Autant ne pas ajouter une difficulté supplémentaire ! Les temps ne sont pas encore mûrs… Aussi avons-nous tourné la difficulté en donnant à l’Arc Royal une place équivoque – après tout, c’est dans son histoire ! – celle de « Degré adjacent », en attendant le jour où il pourra, comme chez les Anciens, redevenir le quatrième degré des Loges…

 

Autre question, cruciale celle-là, celle du rituel. Là encore, c’est sans hésitation que nous décidâmes de rétablir la cérémonie du « Passage des voiles ». Cette cérémonie, officiellement prohibée en Angleterre durant de longues décennies, n’y subsiste plus que dans la Province de Bristol, qui a excipé de son particularisme – avec l’existence, phénomène unique en ce pays, de son rite en sept degrés dit Rite de Baldwyn , pour se soustraire à cet ostracisme. En revanche, elle n’a cessé de subsister partout ailleurs au Royaume-Uni : Écosse et Irlande, comme aux États-Unis.

 

« LE PASSAGE DES VOILES »

Pourquoi cette prohibition ? Bernard Jones, dans son irremplaçable Freemasons’ Book of the Royal Arch, en donne clairement l’explication : « La cérémonie connue sous le nom de  » Passage des voiles  » (…) avait probablement une origine chrétienne et fut couramment en usage uniquement durant la période où le Royal Arch lui-même était largement un degré chrétien. Avec la déchristianisation du degré qui suivit, d’abord l’ » Union « des Grands Chapitres en 1817, et ensuite la révision drastique de 1835, la cérémonie des voiles disparut rapidement de la Maçonnerie anglaise (…). Son inspiration doit avoir été celle d’une Maçonnerie symbolique (Craft) décidément chrétienne telle que pratiquée dans une ou plusieurs Loges primitives (…). Originellement, les voiles symbolisent le voile mystérieux qui se fendit en deux lorsque le Sauveur crucifié passa à travers lui. Dans une ancienne instruction maçonnique du Lancashire datant probablement d’environ 1800, le voile du Temple  » signifiait le Fils de Dieu, Jésus-Christ, suspendu sur l’autel de la Croix, le vrai voile entre Dieu et nous, mettant dans l’ombre par ses plaies et son précieux Sang la multitude de nos offenses, afin que nous puissions être rendus acceptables au Père  » » (p. 195).

 

Or, remarque fondamentale, cette phrase figure mot pour mot dans le Manuscrit Dumfries n°4 – c’est le point sept des « Questions concernant le Temple » – manuscrit présenté et traduit par J.-F. Var dans le numéro 7 des Travaux de Villard de Honnecourt (1983) et sur lequel nous allons revenir.

 

La signification de cette cérémonie, comme le fait qu’elle n’avait cessé d’être en usage en Ecosse, nous faisaient par conséquent une obligation de la rétablir. C’était d’autant plus aisé que, par le passé, un Chapitre de l’Arche Royale de la GLNF, le Chapitre Saint-Jean à l’Ordre, avait été expressément créé afin de pratiquer cette cérémonie et le degré qu’il confère, que ses fondateurs avaient été recevoir à Bristol. Ce chapitre avait fonctionné de cette façon pendant sept ans et plus, jusqu’à ce que ladite cérémonie fût tout soudain interdite d’un trait de plume. Parmi les dignitaires du GPDG constituant le Chapitre Primitif de l’Arc Royal, il s’en trouvait qui avaient occupé les plus hautes fonctions au Chapitre Saint-Jean à l’Ordre, ils pouvaient donc légitimement transmettre ce degré.

 

Restait – et reste encore – la question du rituel à adopter pour les cérémonies « normales », pourrait-on dire, du futur Chapitre Iona de l’Arc Royal.

 

Il est bien établi que les rituels du Royal Arch ont été déchristianisé drastiquement aux dates indiquées par Jones, en particulier par le Chapitre de Promulgation qui fonctionna en 1835 :« Les éléments chrétiens inclus dans la plupart des rituels antérieurs, écrit-il, furent éliminés (…). Le rouleau portant les premiers versets de saint Jean :  » Au commencement était le Verbe…  » devint un rouleau sur lequel figuraient des extraits des premiers et troisième versets de la Genèse :  » Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre , etc.  » » .

 

C’est aussi à la même époque, ou même plus tard, que pour combler les vides laissés par ces extirpations, furent introduites les Conférences (Lectures) dites « historique », « symbolique » et « mystique » prononcées par les trois Principaux, avec en particulier le développement, marqué par un ésotérisme typiquement « fin de siècle » et tout à fait hors de propos, sur les « corps platoniciens » ; conférences qu’ignorent tant les rites irlandais et américains que le rite de Bristol.

 

« LA CONNAISSANCE MYSTIQUE DU TEMPLE »

Il nous fallait donc revenir au cœur – cœur chrétien – de la maçonnerie de l’Arc Royal. Les rituels beaucoup trop sommaire et assez pauvres des années 1760 ne nous étaient pour cela d’aucune utilité. Il nous fallait donc nous référer à d’autres. Or les rituels du Royal Arch ont été, en Angleterre, enrichis d’éléments chrétiens à mesure que ces éléments étaient expurgés de la Maçonnerie de métier, selon un phénomène que J.-F. Var a étudié ailleurs, à la suite du Révérend Neville Barker Cryer. Ces rituels par bonheur existent, et ils ont été présentés par J. R. Clarke dans un article fondamental d’Ars Quatuor Coronatorum (volume 93, 1980) intitulé Some Early Royal Arch Rituals. Les rituels analysés sont principalement le Sheffield Ritual, daté d’environ 1780-85, le Tunnah Ms., d’environ 1795 et un ensemble regroupé sous l’appellation Depford Ms., de la même époque. Cette étude fut ensuite complétée par une autre due à John Hamill (AQC volume 95, 1982) dans laquelle celui-ci recense trente-six manuscrits, s’étendant d’environ 1780 à environ 1830, la majorité datant de 1796-1811 (donc d’avant l’Union). John Hamill se livre à ce commentaire qui vaut la peine d’être reproduit :

« Il résulte sans doute possible des manuscrit passés en revue que le Royal Arch était un degré au christianisme affirmé. On y trouve des références chrétiennes tant explicites qu’implicites qui, à mon sens, ne pouvaient pas être facilement acceptées par les tenants d’une autre foi. La  » connaissance mystique du Temple  » dans le manuscrit Sheffield, la  » spiritualisation du Temple  » dans le manuscrit Royal Arch et la troisième section de la conférence du manuscrit Tunnah sont toutes intensément chrétiennes et donnent pour l’agencement du temple de Salomon une interprétation symbolique totalement inacceptable par un non chrétien » (page 41).

 

Or cette « connaissance mystique du Temple » reproduit mot pour mot les « Questions concernant le Temple » mentionnées plus haut, questions figurant dans le manuscrit Dumfries, ainsi dénommé parce qu’il appartenait à la loge Dumfries Kilwinning, en Écosse, et qui date d’environ 1710. Toujours l’Écosse ! Et une Écosse primitive – relativement aux datations de la Maçonnerie moderne.

 

Qui plus est, si l’on se reporte à ce qui était donné à découvrir aux candidats une fois accompli le passage des voiles et que décrit Jones (op. cit., pp.166-167), on voit combien l’articulation est d’une logique absolue qui s’est imposée à nous.

 

Reste un travail : que convient-il de garder ou au contraire d’éliminer des trois « Conférences » des Principaux ? John Hamill fournit des indications utiles sur le caractère ancien, antérieur à l’éradication de 1835, ou au contraire récent et surajouté des divers passages desdites conférences. Elles nous aideront dans notre tri.

 

Comme on l’aura compris, le rituel définitif des Chapitres de l’Arc Royal du GPDG est encore en gestation. Le travail est bien avancé, mais il faut le poursuivre sans hâte ni paresse. À cette fin, le Chapitre Primitif fonctionnera comme une académie ou un laboratoire, tout en continuant de recevoir, selon les nécessités, des Compagnons de l’Arc Royal. Il disparaîtra le jour où sera consacré le Chapitre Iona, organiquement liée à la Loge Iona.

 

 

 

 

 

 

RITE ÉCOSSAIS D’ÉCOSSE : LA MARQUE

La pratique de l’Art maçonnique est passablement autre en Écosse qu’en Angleterre. Les différences ne portent pas tant sur les rituels, qui présentent de grandes similitudes, à quelques détails significatifs près, que sur les relations organiques des grades ou degrés entre eux.

 

En Écosse, en effet, et cela pour des raisons historiques, le degré de Marque est travaillé, soit à partir et au sein des Chapitres de l’Arc Royal, soit à partir et au sein des Loges de métier (Craft) ou symboliques. La conjoncture actuelle nous interdisant la première branche de l’alternative, nous avons résolument adopté la seconde qui nous convient parfaitement et est conforme à la Constitution de la Grande Loge d’Écosse :

« Article 84. Les degrés de la Franc-Maçonnerie autorisés et contrôlés par la Grande Loge sont ceux d’Apprentis entré, Compagnons de métier (y compris la Marque) et Maître Maçon, et nul autre ».

 

C’est la raison pour laquelle notre propre Constitution de 2005 stipule, en son article 57, que : « Les Loges des deux Saints-Jean (…) pratiquent les grades de la Classe maçonnique selon les us de l’Écosse : Apprenti, Compagnon, Maître, Maçon de Marque et Maître Maçon de Marque ».

 

 

 

 

 

 

 

 

LA MARQUE DANS LE MÉTIER!

En conséquence, pour gouverner une Loge symbolique, il est nécessaire d’avoir au préalable été « avancé » Maître Maçon de Marque. Comme il n’y a pas de Loges de Marque distinctes des Loges symboliques, il n’y a pas non plus, au contraire de l’usage anglais, deux cérémonies distinctes d’installation du Vénérable Maître. La seule que nous utilisons est donc l’installation d’un Maître de Loge de Marque – ce en quoi nous nous montrons… plus Écossais que les Écossais, car ce que nous avons repris là est la forme modernisée d’une antique cérémonie en usage dans diverses Loges avant que la Grande Loge d’Écosse adopte en 1872 et impose partout l’installation « anglaise ».

 

Un des prerequisites qui est d’obligation en Ecosse est d’être au moins Compagnon de l’Arc Royal, voire Principal, pour pouvoir devenir Maître de Loge de Marque. Nous n’avons pas été jusque-là dans notre Rite Écossais à la française, encore que la question mérite réflexion. En revanche, comme en Écosse, pour pouvoir être exalté Compagnon de l’Arc Royal, il faudra impérativement avoir été au préalable avancé Maître Maçon de Marque. Ainsi seront étroitement liés les rapports entre Arc Royal et Marque, comme ils le sont entre Marque et Maçonnerie de métier, la Marque étant considérée comme un complément du degré de Compagnon comme l’Arc Royal l’est du degré de Maître.

 

 

 

 

 

 

RITE ÉCOSSAIS D’ÉCOSSE : LES DEUX SAINT-JEAN

 

Cette dénomination ne surprendra que ceux qui n’ont aucune connaissance du « Rite de York » et de ses variantes américaines (Nova Scotia, etc.), tous rites qui se réclament, spirituellement plus qu’organiquement (encore que…) de la Maçonnerie des Anciens. L’expression the Holy Saints John – traduite tant bien que mal en français par « les bienheureux Saints-Jean » – y est en effet rituelle. Mais elle ne devrait pas davantage surprendre ceux, et ils sont nombreux, qui ont pratiqué le « Rite Émulation ». En effet, même si l’expression n’y est pas employée expressis verbis, elle figure dans l’instruction (Lecture) d’Apprenti, sixième partie, à propos des deux grandes lignes parallèles et tangentes au cercle dans les limites duquel les frères ne peuvent s’égarer, lignes parallèles qui, dans la version moderne et déchristianisée, sont Moïse et le roi Salomon, mais dans la version ancienne, donnée à titre d’information, sont saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste.

 

Autre particularité propre à cette lignée « ancienne » : d’abord l’autel central, sur lequel repose la Sainte Bible, autel attesté dans de nombreuses Loges anglaises au XVIIIe siècle et abandonné depuis, mais conservé en Écosse, Irlande et Amérique, parce qu’ « en conformité avec une loge ou chapelle maçonnique de Saint-Jean » ; et ensuite le signe tout-à-fait particulier à propos duquel peut être faite exactement la même observation, qui porte le beau nom de Due Guard, lequel n’est autre que la francisation de « Dieu garde », et dont la signification symbolique ne peut être donnée qu’en Loge.

 

UN RITUEL VIEUX DE 250 ANS!

 

Dernière remarque pour finir. Les Loges écossaises ont la plus grande latitude pour suivre le rituel de leur choix, et le rituel dit « standard », seul connu en France jusqu’à ce jour, n’est pas, et de loin, le plus répandu. Nous avons, quant à nous, choisi de suivre celui de la Loge Saint-Andrew, d’Aberdeen, qui porte le numéro 25 sur la matricule de la Grande Loge d’Écosse et a fêté récemment son 250e anniversaire.

 

La première Loge travaillant en France au Rite Écossais, la Loge Iona, a été solennellement consacrée le 13 mai 2006. Iona ! Quel beau programme serti dans ce nom ! Iona, cœur vital de l’Écosse, puisque, selon la tradition, la fameuse Stone of Scone, la Pierre de Scone, dite aussi « Chevet de Jacob », ou encore « Pierre du couronnement », puisque tous les rois (et reines) d’Écosse devaient, pour que leur couronnement fût légitime, se placer dessus, bref ce Palladium de l’Écosse, demeura à Iona du sixième au treizième siècles, époque où les Anglais s’en emparèrent (ils ne l’ont rendue que tout récemment à l’Écosse). Iona, surtout, cœur religieux de l’Écosse et de tout l’Occident, puisque c’est là que saint Columkill ou Columba fonda sa première et prestigieuse abbaye, qui rayonna, des siècles durant, sur les îles Britanniques et sur le continent.

 

Puisse Iona, la Loge, être digne de son nom et rayonner aussi intensément le christianisme maçonnique pendant au moins 250 ans!

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Aumônerie de l'Ordre

 

L' Aumônerie est un organisme du [Grand Prieuré des Gaules] dont la mission est de se mettre au service du soulagement matériel,moral et spirituel de l’humanité auquel les Ordres constituant le GPDG sont spécialement voués.

 

Les champs d’action de l’Aumônerie sont :

  • les cérémonies religieuses des Ordres de Chevalerie ;
  • la bienfaisance et la charité chrétienne au sein et à l’extérieur du Grand Prieuré des Gaules ;
  • l’enseignement des principes [...] spirituels des Ordres, en particulier la doctrine de la religion et de l’initiation chrétiennes [sans attaches vis à vis d'une Eglise chrétienne particulière].

 

Les Chevaliers ecclésiastiques, qui ont reçu les ordres majeurs d’une confession chrétienne, ont vocation naturelle à faire partie de l’Aumônerie, héritière de l’ancienne classe des Chevaliers réguliers ou Clerici.

Extrait des Statuts et Constitution du Grand Prieuré des Gaules adoptée le 30 avril 2005.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

------------