Rite Français : histoire ancienne

 

Le Rite Français au XVIIIè siècle

Le Rite Français tire ses origines de l’introduction de la Franc-maçonnerie en France à partir de 1720, au moment même où des émigrés britanniques en particulier des militaires stuartistes s’exilèrent pour des raisons politiques voire religieuses . Les relations étroites qui unirent dès lors la Grande Loge anglaise avec la première Maçonnerie française montrent, lorsqu’on compare les textes des rituels des Loges symboliques, la conformité des deux systèmes maçonniques. C’est surtout à partir de 1740 que des textes, dont certains antimaçonniques, témoigneront de ce que fut la Maçonnerie en France , montrant clairement qu’à partir de ses éléments constitutifs, le Rite Français tel que nous le connaissons de nos jours – y compris le corpus des Hauts Grades – s’est développé tout au long du XVIIIe siècle.

Le rite des modernes

À l’instar de la Grande Loge anglaise de 1717 qui fut appelée plus tard « Grande Loge des Modernes » par les Maçons de la Grande Loge rivale fondée en 1751, également appelée « Grande Loge des Anciens » et dont certains usages étaient différents, le Rite Français fut plus tard lui-même dénommé « Rite Moderne ». Toutefois, ces appellations de « Rite Français » et de « Rite Moderne » sont tardives et n’apparaissent pas avant la fin du XVIIIe siècle, voire sous l’ Empire ; elles sont la conséquence de l’apparition de Rites qui se qualifiaient d’ Écossais, et qui revendiquaient cette Maçonnerie dite des Anciens.

Le Rite Français au XVIIIè siècle : La Maçonnerie française des origines

Au cours du XVIIIe siècle, des innovations furent ajoutées aux rituels français conférant aux cérémonies un caractère spécifique qui, malgré un fond commun, les distinguait désormais des pratiques anglaises. Malgré tout, le Rite Français resta fidèle aux pratiques générales de la Maçonnerie française du XVIIIe siècle alors que le Rite Écossais Rectifié préféra adopter sur le plan formel des éléments de la Stricte Observance, y intégrant la doctrine de Martines de Pasqually. De même, par analogie à la Maçonnerie anglaise des Anciens, le Rite Écossais Ancien et Accepté choisira plus tard d’imprégner ses trois premiers grades d’un contenu hermétique jusque là réservé aux seuls hauts grades.

Le développement des rituels en France au cours du XVIIIe siècle a été facilité puisqu’aucun rituel officiel n’avait encore été adopté ni par la première Grande Loge de France ni, à ses débuts, par le Grand Orient de France qui lui succéda.

1801 : année de fixation des rituels de la Maçonnerie française

Mais cela eut pour conséquence une diversification et une multiplication des rituels. Le Grand Orient de France, dans le but de rétablir l’uniformité, s’occupera à partir de 1779 de la rédaction de rituels officiels. Ce travail aboutit à partir de 1784 à une rédaction finale approuvée par l’assemblée générale du Grand Orient, prenant ainsi force de loi dans les loges qu’il gérait et qui constituaient la majorité des Loges françaises. II nous est ainsi parvenu parmi les rituels de cette époque un certain nombre d’exemplaires manuscrits antérieurs à la Révolution. Ce n’est qu’en 1801 qu’ils furent imprimés dans deux recueils fédérateurs intitulés :

LE RÉGULATEUR du MAÇON ( HÉRÉDON, l’an de la Grande Lumière 5801)
LE RÉGULATEUR des CHEVALIERS MAÇONS ou LES QUATRE ORDRES SUPÉRIEURS (suivant le régime du Grand-Orient, HÉRÉDON,1801)

Le Régulateur fut édité plusieurs fois sous la même date. Ainsi l’une d’elle est postérieure au couronnement de Napoléon en 1804 ; en effet, dans le rituel de banquet on porte la première santé d’obligation à « sa Majesté Impériale et à son Auguste Famille », alors que dans les éditions originales on la portait à « la République Française et son gouvernement, et à la prospérité de ses armes ».

Le Régulateur du Maçon a la particularité d’avoir été édité sous la forme de trois cahiers pour chacun des grades dont le cahier du Très Vénérable, qui est le seul complet, et deux opuscules pour chacun des Surveillants ne leur donnant que la matière nécessaire pour remplir leur office. Ainsi, si l’on compte les différents recueils du Régulateur des Chevaliers Maçons édité au même moment, le Régime complet en sept grades du Rite Français rassemble 21 cahiers. Aucun d’eux n’est signé . On a attribué longtemps la rédaction des trois premiers grades à Prosper Moutier ; on s’accorde désormais à reconnaître que les rituels des sept grades sont le fruit en particulier des travaux du Grand Vénérable Roettiers de Montaleau.

Le Rite Français : Roettiers de Montaleau

Alexandre-Louis ROETTIERS de MONTALEAU est né le 23 novembre 1748 à Paris. Conseiller du Roi, auditeur ordinaire puis conseiller Maître en la Chambre des Comptes (1787) , directeur de la Monnaie de Paris du 30 août 1791 au 17 fructidor an V ( 3 août 1797), Alexandre-Louis descend d’une famille traditionaliste fidèlement attachée aux Stuart ; son bisaïeul , sous Charles II, était graveur général des monnaies de la Grande Bretagne ; son grand – père abandonna cette charge héréditaire pour suivre Jacques II en France. Son père fut porté sur les fonds baptismaux à Saint-Germain par Jacques III, Prétendant au trône.

Alexandre-Louis Roettiers de Montaleau dont la vie maçonnique fut très intense a joué un rôle capital dans la vie de l’Ordre. On lui doit en particulier d’avoir sauvé les archives du Grand Orient en 1792 ; de même, après la tourmente révolutionnaire à partir de 1795, il réveilla la vie maçonnique française. Malgré son riche parcours maçonnique, il déclina la charge de Grand Maître de l’Ordre lui préférant le titre nouveau de Grand Vénérable. En effet il estimait avec beaucoup de sagesse que l’Ordre ne pouvait être dirigé que par un homme proche du pouvoir, un membre de la Famille Bonaparte, à défaut de l’Empereur lui-même ; ce fut donc son frère Joseph Bonaparte qui devint Grand Maître.

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