Rite Français : la spiritualité Rose + Croix



Nous nous inscrivons délibérément et fermement – et c’est l’orientation constante du Grand Prieuré des Gaules-Ordres des Chevaliers Maçons chrétiens de France – dans une démarche de retour à l’inspiration première et authentique de tous nos rites et grades, donc aussi à leur lettre primitive.

Cette inspiration première, Jan Snoek, dans son précieux article, la formule ainsi :
« Le grade de Rose-Croix identifie le candidat au Christ au moment de sa mort et de son ascension. De cette façon, au moins dans sa forme originelle, il s’agit d’un grade explicitement chrétien. Le texte du rituel de 1760 affirme :
 » Cette Loge professe la parfaite maçonnerie de grade en grade sous le titre de parfait maçon. Ainsi, on la communique seulement par degrés conduisant du premier temple au second temple, puis à un troisième qui est le temple vivant, allégorie de la Rédemption ; et c’est pourquoi on exige dans leur Loge que tous les Maçons soient chrétiens pour être admis à ce grade.
« Les six premiers grades peuvent être communiqués à tous les Frères qui ont la connaissance de l’ancien temple, mais ce dernier ne peut être communiqué seulement qu’à des hommes soumis à la nouvelle loi » ».

La cause est entendue!

« Le Christ au moment de sa mort et de ascension »

Un dernier point reste à aborder. Dans le cadre d’une démarche diplomatique destinée à obtenir l’assentiment du Grand Maître de la GLNF, le Grand Maître National et Grand Prieur Daniel F. avait, au départ, volontairement restreint l’accès du, et bientôt des chapitres de Rose-Croix à « des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte soigneusement sélectionnés ». Cette position dictée par la prudence, et acceptée à cause de cela, n’avait pas recueilli un unanime assentiment de principe. D’aucuns, dont moi-même, tout en s’inclinant devant la force des circonstances, faisaient valoir que le grade de Rose-Croix n’était en rien un grade chevaleresque, et moins encore un super-grade chevaleresque, ce qu’il risquait d’apparaître s’il était réservé à des CBCS d’élite.

Les circonstances, toujours elles, ayant heureusement changé [depuis 2000] et la constitution du GPDG en obédience de plein exercice où chaque Rite jouit de sa pleine intégrité, les règles ont été modifiées par le Souverain Grand Chapitre des Hauts Grades : le grade de Rose-Croix a repris sa place de couronnement du Rite Français ; quant aux Frères rectifiés qui désireraient y accéder, il n’est plus exigé d’eux que la qualité de Maître Ecossais.

Un grade maçonnique « explicitement chrétien »!

Le grade de Rose-Croix est en effet un grade maçonnique, authentiquement et exclusivement maçonnique ; on peut même dire de lui que c’est le plus sublime des grades maçonniques. Il nous introduit pleinement dans la « maçonnerie mystique » – la chose est affirmée avec force dans le rituel – et je dirai même dans la mystique de la maçonnerie. Celle-ci prend une dimension véritablement théologique, avec la place centrale, déterminante, motrice, donnée à la charité : non pas à l’amour fraternel, mais à la charité divine, la charité de Celui qui se sacrifie par amour.

D’où la valeur rituelle – le rituel étant une action qui mobilise toutes les énergies de l’être, corporelles, psychiques et spirituelles – données à la Passion du Christ, au Golgotha, à la mort sur la Croix, avant d’accéder à la splendeur de la Gloire éternelle.

Dans d’autres rituels, anglais comme français, l’accent est mis sur la Résurrection et la Jérusalem nouvelle. Dans celui de Rose-Croix, ce qui est donné à contempler, à vivre, à incorporer en soi-même, c’est la Croix – Croix de souffrance qui devient Croix irradiant la Gloire, porteuse de la Rose, Sagesse parfaite et Amour infini du Dieu vivant.

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