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 (C) GPDG 2017

 

Éditorial du mois

"Nos rites offrent à l’homme qui le désire une représentation très large de son histoire, ils proposent de lui dévoiler son origine, sa destinée, et les différentes étapes de ce large panorama. Ils lui offrent d’inscrire ce tableau dans une finalité enthousiasmante : lui permettre de contester ce qui est exclusivement proposé aujourd’hui et qui est gouverné par la nécessité — celle de gagner sa vie et de consommer. Non pas pour un temps, celui de refaire ses forces pour le travail du lendemain, mais dans la perspective de creuser inlassablement en soi ses capacités d’attention au Père, qui est aux Cieux et qui donne la Vie, de chercher rigoureusement à comprendre son propre destin, et d’explorer courageusement celui de la famille humaine.

Ce que nous proposons est une sorte d’objection contre ce que nous trouvons aujourd’hui dans le règne de la quantité, qui produit une absence de dignité humaine, dignité qui devrait être pourtant le propre de l’homme, au regard de la noblesse de son origine et de sa destinée, et qui produit également la pauvreté d’une économie sans sujets, celle qui nous oblige seulement à travailler et à consommer. Aujourd’hui, nos sociétés ne nous proposent qu’une définition du travail, celui qui ne requiert qu’une énergie physique et qu’un besoin de repos pour le poursuivre et en consommer les fruits.

Mais un autre travail nous est préconisé, qui pourrait avoir valeur de remèdes, qu’aucun des instruments d’efficacité, de rentabilité, de productivité que nous connaissons, ne puisse assurer : pratiquer la Vertu. Oui, pratiquer la Vertu, la pratiquer pour dispenser le dévouement et la dévotion à la Source même de tout, Dieu, pour prendre soin de soi, et pour prodiguer la bienfaisance aux hommes, nos frères. Dieu, soi-même et les autres hommes, voilà le souci du maçon, souci qui est une forme de résistance aux assauts de la futilité, aux choses vaines, aux choses de rien qui n’apportent ni profit, ni délivrance. Pour mener à bien ce travail, il faut non seulement beaucoup de discernement, mais également convenir que depuis la Chute, la nature de l’homme est dégradée, que, coupé de son Créateur, l’homme est en état de privation, et que dans la maçonnerie il peut trouver les moyens de retrouver cet état initial, c’est-à-dire, d’accomplir sa sublime destinée.

Offrir à l’homme des usages pour vivre son incroyable destin, lui restituer la royauté dont il a été destitué, voilà ce que nous proposons. Nous voulons que l’homme redevienne ce roi, couronné de gloire et d'honneur, dont parla David. "