La nature de l’Ordre chevaleresque

Croix cbcs 2

Le Régime écossais rectifié est construit comme chacun sait en trois cercles concentriques :

  • Deux classes ostensibles :
    • La classe maçonnique dont on a évoqué la nature dans un précédent billet
    • L’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte [1]
  • Une classe seulement connue de ceux-là qui la composent : la Profession

Le bref développement qui va suivre concerne exclusivement l’Ordre des CBCS, deuxième classe du Régime écossais rectifié. Il s’agit pour nous d’essayer de cerner sa nature. Pour cela nous nous appuierons sur les deux textes les plus importants traitant de cet Ordre en évitant bien évidemment la divulgation de texte liés à l’essence de l’Ordre seulement connue de ses membres :

  • Le Rituel d’armement de CBCS [2] dont on ne veillera à ne dévoiler aucune partie structurante
  • Le Code de l’Ordre des CBCS [3] tel qu’adopté par le Convent des Gaules le 10 décembre 1778

Le Code définit l’Ordre dès la première phrase de son premier article :

L’Ordre des Chevaliers bienfaisants de la C. S. ramené par la réforme à son but primitif, qui n’est autre que le soulagement de l’humanité, au service de laquelle il est voué, s’occupe de tous les moyens propres à y atteindre, discute les idées utiles, & se sert de la réunion des forces individuelles pour les réaliser & les exécuter avec plus de facilité.

L’Ordre est donc voué au service de l’humanité dont le soulagement est reconnu comme son but primitif. Il met en œuvre les idées et les moyens et réunit les énergies nécessaires à ce soulagement.


Les critères d’admission dans l’Ordre peuvent aider dans la détermination de ses caractéristiques propres. L’article II du Code évoque la noblesse personnelle ou héréditaire à condition qu’elle n’ait pas été souillée par celui qui porte le titre nobiliaire de sa famille. Mais cette noblesse est avant tout celle issue de ce que le Code appelle les « actions vertueuses » et des « moeurs pures » appelées également « noblesse du coeur » qui n’est donc pas nécessairement liée à une noblesse héréditaire. Pour enquêter sur ces qualités qui ouvrent la voie aux candidats, le Code désigne le Prieur du clergé, l’un des dignitaires du Chapitre de Chevaliers. Il est « préposé aux devoirs spirituels, à la conservation des mœurs & aux instructions qu’on jugera à propos d’y donner »[4].


Le titre 2 du Code précise les fondements de l’Ordre :

L’amour de la religion, des mœurs & d’une bienfaisance épurée par les motifs raisonnés qui la dictent


Le Rituel offre une perspective métaphysique en apportant une dimension spirituelle, complément nécessaire à la valeur morale évoqué ci-dessus.


La prière d’ouverture du chapitre d’armement s’adresse à Dieu et donne un indice sur le rôle de l’Ordre puisqu’elle dit qu’il est :

voué à la défense et à la propagation de la foi chrétienne pour l’amour et la gloire de ton Saint Nom.


Et le Grand Prieur rappelle à son tour dès le début de la cérémonie d’armement que l’Ordre est :

uniquement voué à l’exercice des vertus religieuses, morales et patriotiques, à l’honneur et au soutien de la sainte religion chrétienne, à la défense des opprimés, et au soutien des malheureux


Nous n’irons pas plus loin dans l’usage de définition de l’Ordre émanant du Rituel de manière à ne pas trop en dire, l’Ordre exigeant une discrétion à laquelle nous nous soumettons. Nous rappellerons seulement ce qui a déjà été souligné dans notre précédent billet sur la nature de la classe maçonnique : En suivant scrupuleusement les règles que l’Ordre lui imposait déjà en tant que maçon et qu’il continue à lui imposer encore plus activement en tant que chevalier : « [il] accomplira [sa] sublime destinée, [il] recouvrera cette ressemblance divine, qui fut le partage de l’homme dans son état d’innocence, qui est le but du Christianisme, et dont l’initiation […] fait son objet principal. »


On peut donc conclure de ce qui précède que l’Ordre chevaleresque inscrit ses membres dans une loi morale et religieuse qui doit les conduire à agir pour le bien de l’humanité et le doux et persuasif soutien de la religion chrétienne en vue du rétablissement de la ressemblance perdue de l’image avec son Modèle.



[1] CBCS dans la suite de ce texte

[2] Rituel dans la suite de ce texte. Le Rituel en usage au GPDG s’appuie essentiellement sur le rituel imprimé à Wilhelmsbad (Fonds Koss, F XXVI 11310) complété là où cela a paru nécessaire par des éléments provenant de du Fonds WIllermoz (MS 5921, MS 5923)

[3] Code dans la suite de ce texte

[4] Code, Titre 8, Chapitre 1, Article III

Consécration d’une commanderie de l’Ordre des CBCS sur l’Ile de la Réunion

C’est le 17 mars de l’année de la vraie Lumière 2012 que le Grand Prieur, Sergius Eques Ab Arcanis Majoribus a consacré la Commanderie de Notre Dame de la Salette en la Vallée de Saint Leu de la Réunion.
Cette nouvelle Commanderie est rattachée a la Préfecture de Neustrie dans la IIème Province d’Auvergne du Grand Prieuré des Gaules et administrera la Juste et Parfaite Loge – Sella Maris N°78 à l’Orient de Saint Denis de la Réunion [1].Lors de cette Cérémonie, le Grand Prieur a également investi dans la fonction de Commandeur le Révérend Chevalier Patricien Eques a Sole Justitiae.blason

D’AZUR AU TRACE DE L’ILE DE LA REUNION D’ARGENT CHARGEE EN PAL DE NOTRE
DAME DE LA SALETTE PRIANT AU NATUREL, A SENESTRE UNE ETOILE D’OR A CINQ
BRANCHES ,A DEXTRE UN ECUSSON D’ARGENT CHARGE D’UNE ROSE DE GUEULES
AUX ETAMINES DE SINOPLE, AU CHEF DE COMMANDERIE

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