La Règle maçonnique approuvée au Convent de Wilhelmsbad

Rectifié

Chaque société a besoin, pour se maintenir et se développer, de se soumettre à des règles. Certaines règles, telles que les constitutions des états  ou les règlements intérieurs des associations définissent l’organisation interne ou encore les procédures de résolutions de litige par exemple. D’autres règles sont plutôt des « règles de vie » indiquant aux membres comment agir dans certaines circonstances ou face à certaines problématiques, des plus théoriques au plus pratiques.

Parmi les exemples les plus arquant de « règles », on pense d’abord aux règles monastiques apparues en Orient avec les règles de saint Pacôme (+ 346) ou celle de saint Basile (+ 379). Elles furent consolidées, en Occident, à Lérins, par saint Honorat (+ 430) et un peu plus tard par saint Benoît de Nursie (+547)Les règles des ordres monastiques toujours vivants en Occident en sont issues.

Qu’en est-il de la Franc-maçonnerie qui n’est ni ordre monastique ni ordre chevaleresque au sens strict du terme ? En tant que société organisée, la Franc-maçonnerie s’est très tôt dotée de règlements : ce furent les fameuses « Constitutions d’Anderson » écrites et traduites dans les années 1720 – 1730. Le Régime rectifié a cela de particulier qu’il chercha à mener une « rectification » de la Franc-maçonnerie en plein XVIIIe siècle. L’une des étapes fondamentales de cette rectification fut le convent national des Gaules tenue à Lyon en 1778 et une Règle y fut rédigée. Elle fut légèrement modifiée en 1782 à Wilhelmsbad lors du convent générale de l’Ordre.

Cette Règle maçonnique est en réalité spécifique à la maçonnerie rectifiée. Elle est encore de nos jours remise à l’apprenti le soir même de sa réception. Il est donc censé s’y astreindre s’il veut respecter son engagement et mener à bien son cheminement initiatique.

Le Recès du Convent de Wilhelmsbad (Cahiers verts, Hors série « Les convents », 2005, p. 125) l’évoque comme suit :

« Malgré que nos Loges se soient toujours empressées d’enseigner à leurs membres les préceptes de la morale la plus pure et de graver surtout dans le coeur des nouveaux reçus les leçons de la sagesse et de la vertu : nous avons cru devoir faire composer une règle générale pour tous les Maçons, qui leur traçât avec énergie ce qu’ils doivent à Dieu, à leur prochain, à eux mêmes, à leurs frères et à l’Ordre en général ; nous avons par conséquent adopté une règle, écrite dans les deux langues, pour être lue au Candidat lors de son initiation, et avons donné pareillement notre sanction à une paraphrase de cette même règle contenue en neuf articles, pour être soumise à sa méditation ultérieure et être lue quelquefois l’année dans nos Loges.Citation« 

On voit ainsi l’importance de ce texte parfois mis de côté, peut être en raison de la rigueur de ses exigences. Nous avons opté pour sa publication (cliquer ici) : on la trouve déjà ailleurs sur le web et depuis des décennies dans les livres disponibles partout, de plus elle n’est pas particulièrement divulgatrice de secrets maçonniques. Sa lecture permettra au maçon de mieux comprendre l’essence du Régime rectifié et au non maçon de mieux comprendre ce en quoi il s’engagerait s’il souhaitait rejoindre l’Ordre.

Cette Règle est une composante structurante du fond rituélique et doctrinale qui constitue le Régime écossais rectifié au sein du GPDG.

Présence du GPDG en Austrasie

La Régence écossaise d’Austrasie couvre les villes de Metz, Besançon et Reims.


La loge « La Vérité » se réunit à Metz deux fois par mois :  le premier jeudi (pour les grades d’Apprentis et de Compagnons) et le troisième vendredi (alternativement pour des réunions au grade de Maître, de Maître écossais ou de l’Ordre intérieur).


A Besançon se réunit la loge « Montségur » le quatrième dimanche de chaque mois, le matin en loge de saint Jean (trois premiers grades) et l’après midi alternativement pour la loge de saint André (4è grade) et l’Ordre intérieur.


La loge « La Sainte ampoule » se réunit à Reims le quatrième lundi de chaque mois en loge de saint Jean ainsi que le deuxième lundi, tous les deux mois, en alternativement loge écossaise et en commanderie. Egalement à Reims, le troisième lundi de chaque mois se réunit la loge « Alberic de Humbert » (du nom de l’Archevêque inspirateur de la construction de la Cathédrale actuelle datant du XIIIe siècle).


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La nature de l’Ordre maçonnique

CM

Le Régime écossais rectifié est construit comme chacun sait en trois cercles concentriques :

  • Deux classes ostensibles :
    • La classe maçonnique
    • L’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte
  • Une classe seulement connue de ceux-là mêmes qui la composent

 

Nous souhaitons identifier dans cette courte étude la nature de la classe maçonnique avant d’étudier dans un second texte la nature de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte.

 

Il ne s’agit pas ici de faire une dissertation érudite qui n’aura pas sa place sur un site web : nous souhaitons simplement tenter une définition de ce qu’est la Franc-maçonnerie telle que la propose le Régime écossais rectifié. Pour réussir cet essai de définition, nous avions plusieurs textes à notre disposition. En effet, le Régime écossais rectifié a cet avantage d’avoir transmis à ses membres contemporains des écrits de l’époque de sa fondation permettant une bonne compréhension du dessein des fondateurs de ce système maçonnique resté intact depuis sa création en 178-1782. Mais d’une part nous ne voulons pas ici trop dévoiler les textes rituéliques (même si, malheureusement, ils se trouvent, facilement pour la plupart, en librairies ou sur le web) et d’autre part nous considérons qu’un texte publié sur le web nécessite un certain esprit de synthèse.

 

Nous nous appuierons donc uniquement sur trois textes :

  • La Lettre à un candidat à l’admission dans une loge rectifiée par Jean-Baptise Willermoz [1]
  • Le Mémoire sur la Bienfaisance d’Henri de Virieu [2]
  • la Règle maçonnique définitivement adoptée au Convent de Wilhelmsbad [3]

 

Dans la Lettre on peut lire :

La Maçonnerie est une école dans laquelle on éprouve graduellement l’aspirant pour en former un homme moral utile dans toutes les parties de la Société humaine où la divine providence l’a placé.

 

On apprend donc que la Franc-maçonnerie est une « école » où l’homme, progressivement, devient utile à l’humanité. La suite de la Lettre  nous indique que sa formation se fait par des symboles et allégories sur lesquels il exercera son intelligence. Cette formation renforce en notre candidat la pratique des « devoirs religieux, moraux et sociaux » lui permettant ainsi d’acquérir ce que Willermoz appelle la « vertu » qu’il présente comme étant « fondée sur les bases inébranlables de la religion chrétienne ». Et notre auteur de souligner que « les principes maçonniques […] sont intimement liés aux principes fondamentaux de la Religion » sans que la maçonnerie deviennent pour autant un lieu de « controverse en matière de religion et de politique ».

 

Ce paragraphe, probablement le plus important de la Lettre, se termine par cette double indication :

[La Franc-maçonnerie] peut se rendre utile par la bienfaisance à la partie souffrante de l’humanité [et] chaque individu qui la compose peut y trouver aussi pour lui-même un avantage réel et inappréciable pour tout le cours de sa vie, et bien au-delà […].

 

On voit ainsi que l’Ordre maçonnique a un objectif double centré sur la Bienfaisance :

  • Bienfaisance envers toute l’humanité sans distinction et sur tous les plans
  • Bienfaisance envers chaque membre de l’Ordre maçonnique

 

On notera l’usage du verbe « pouvoir » avant chacun des deux objectifs ainsi définis : cela signifie que le succès dans cette entreprise de bienfaisance n’est pas garanti et que chacun doit faire les efforts nécessaires pour que la potentialité de cette Bienfaisance se réalise.

 

Mais quelle est donc cette « Bienfaisance » dont on parle ici ? Quel est ce « bien » qu’il s’agit de « faire » ? Le dictionnaire de l’Académie française de 1762 [4], c’est-à-dire de l’époque où cette lettre a été écrite, donne la définition suivante du mot « Vertu » :

Une habitude de l’âme, qui la porte à faire le bien, & a fuir le mal

 

Ainsi « faire le bien » c’est être « vertueux », être capable de « Vertu ». Et c’est d’abord au niveau de l’âme que la bienfaisance se situe et cela correspond à ce que Willermoz évoquait ci-dessus. En effet lorsqu’il dit au candidat que la Franc-maçonnerie peut lui apporter des « avantages […] pour tout le cours de sa vie, et bien au-delà » c’est bien d’un avantage pour l’âme qu’il évoque puisque seule l’âme est considérée comme immortelle par les francs-maçons. La Bienfaisance dont nous parlons provient donc de l’âme et doit d’abord être au service de l’âme.

 

Henri de Virieu, un des compagnons de route de Jean-Baptiste Willermoz, écrivait au sujet de la Bienfaisance :

La vertu qu’on nomme bienfaisance est cette disposition de l’âme qui fait opérer sans relâche en faveur des autres le bien, de quelque nature qu’il puisse être. Cette vertu embrasse donc nécessairement un champ immense, car son essence étant d’opérer le bien en général, tout ce que l’esprit peut concevoir de bien dans l’univers est de son ressort et doit être soumis à son action. C’est de cette manière que l’homme doit envisager et pratiquer la vertu par laquelle il se rend le plus semblable à son principe infini dont il est l’image, à ce principe de bonté qui, voulant sans cesse le bonheur de toutes ses productions sans exception, agissant sans cesse pour le procurer, est ainsi éternellement et infiniment bienfaisant.

 

On voit donc que, dans l’esprit de ces hommes du XVIIIe siècle qui ont fondé la Franc-maçonnerie rectifiée, la Bienfaisance n’est pas seulement matérielle. Elle embrasse un « champ immense », en réalité tout ce qui peut être humainement concevable que cela soit matériel ou spirituel. De plus la vertu ainsi déployée permet à l’homme de ressembler à Dieu ce qui fait écho à la Genèse qui établit la base de l’anthropologie chrétienne en énonçant [5] :

« Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance »

 

Et c’est ainsi qu’on constate que l’initiation maçonnique, telle que proposée par le Franc-maçonnerie rectifié, et le christianisme, dans son sens le plus élevé dépassant les distinctions confessionnelles, ont un même et unique objet. Certes l’une et l’autre ne mettent pas en œuvre les mêmes modalités pour atteindre cet objet, mais les moyens mis en œuvre ne changent en rien l’objectif à atteindre. En effet, le maçon rectifié doit s’efforcer à respecter une Règle [6] qui se termine ainsi :


Si les leçons que l’Ordre t’adresse, pour te faciliter le chemin de la vérité et du bonheur, se gravent profondément dans ton âme docile et ouverte aux impressions de la vertu ;

 

si les maximes salutaires, qui marqueront pour ainsi dire chaque pas que tu feras dans la carrière maçonnique, deviennent tes propres principes et la règle invariable de tes actions ;

 

ô mon Frère, quelle sera notre joie ! tu accompliras ta sublime destinée, tu recouvreras cette ressemblance divine, qui fut le partage de l’homme dans son état d’innocence, qui est le but du Christianisme, et dont l’initiation maçonnique fait son objet principal.

 

Tu redeviendras la créature chérie du Ciel : ses bénédictions fécondes s’arrêteront sur toi ; et méritant le titre glorieux de sage, toujours libre, heureux et constant, tu marcheras sur cette terre l’égal des rois, le bienfaiteur des hommes, et le modèle de tes Frères.



Notes

[1] Lettre dans la suite de ce texte. Elle est conforme à l’original de la B.M. de Lyon (MS 5918 P.3) publiée en préambule du Rituel d’Apprenti du Grand Prieuré des Gaules.

[2] Henri de Virieu, Mémoire sur la Bienfaisance, http://www.gpdg.org/memoire-sur-la-bienfaisance-13/. Au Convent de Wilhelmsbad, dès sa deuxième séance du 29 juillet 1782, Henri de Virieu présenta, à la demande du prince Ferdinand de Brunswick, un Mémoire sur les idées que l’Ordre doit attacher au terme de bienfaisance. Le Mémoire fut adopté par le Convent qui ordonna qu’il fût joint aux Actes, en même temps que le Projet de Chapitre pour le nouveau Code maçonnique qui en reprenait la substance (pièces 95 et 96 des Actes du Convent). Cf Les Cahiers verts – Hors série « Les convents » , Editions du Simorgh, 2005, p. 98. Présentation par J-F Var.

[3] Règle dans la suite de ce texte

[4] http://artflx.uchicago.edu/cgi-bin/dicos/pubdico1look.pl?strippedhw=vertu

[5] Genèse 1:26, Traduction Louis Segond

[6] Dans le Recès du Convent de Wilhelmsbad, l’une des deux réunions fondatrices du régime écossais rectifiée tenue en 1782,  il est indiqué que cette Règle devait être lue au candidat lors de sa réception dans l’Ordre. Nous nous permettons ici de reproduire le dernier paragraphe de la dite Règle qui, sans en divulguer le contenu précis à des non maçons lisant cette brève étude, permettra d’en faire connaître l’esprit.

« Lettre à un candidat » par Jean-Baptiste Willermoz

Willermoz

Nous publions ici l’essentiel de la lettre qu’écrivit Jean-Baptiste Willermoz à un candidat à l’entrée dans une loge rectifiée. Elle est conforme à l’originale qui se trouve à la Bibliothèque Municipale de Lyon (MS 5918 P.3).


Monsieur,


[…] L’origine et le but essentiel de cette institution sont très anciens et sont fort peu connus, même du plus grand nombre de ceux qui portent le titre de Maçon, parce que le grand nombre se contente de l’écorce, et fort peu cherchent le noyau. Les uns ne désirent d’acquérir ce titre que pour se procurer sous son voile quelques amusements mystérieux et des amis souvent alors aussi peu solides que le goût qui les unit ; d’autres le désirent pour exercer en commun une bienfaisance louable et honorable qui est le but ostensible et général de la Société ; d’autres enfin, qui n’ont pu penser qu’une institution dont l’origine primitive se perd dans la nuit des siècles puisse exister et avoir résisté à tous les chocs sans être soutenue par un but fondamental et essentiel pour les hommes de tout rang, âge et nation, ont pris un essor plus élevé, de sorte que pendant que les uns rampent dans le vestibule de l’Edifice, d’autres planent sur son toit.


Les écarts des uns dans la société civile ont avili aux yeux du public, souvent imprudent et précipité dans ses jugements, la Société la plus respectable, parce qu’il a fait à cet égard comme il fait quelquefois pour ce qui concerne la Religion qu’il confond souvent avec la conduite répréhensible de quelques ministres qu’elle emploie. Mais cette Société ayant en elle une force propre, n’a point été et ne peut être par là avilie dans son essence, qui sera toujours très respectable.


De cette diversité de goût […] a dû résulter […] des Régimes différents, dont les uns, à mesure qu’ils se sont plus rapprochés du but primitif, auront dû avoir des règles plus austères que ceux qui auront préféré d’en rester plus éloignés […].


Cet exposé suffira je pense pour vous porter à examiner sérieusement quel est le régime qui conviendrait le mieux à vos vues et à vos goûts, et je me ferai ensuite un devoir et un plaisir de vous indiquer les portes de celui que vous aurez préféré.


Celui auquel je suis attaché […] a la dénomination particulière de Régime Rectifié. Il n’est pas le plus commode, ni le moins exigeant de tous ; mais s’il exige plus que les autres de ses membres, il leur laisse aussi espérer davantage […]. Voici, Monsieur, pour aider à vos réflexions, une définition générale de la Maçonnerie dans le Régime Rectifié, qui est le seul dont je vous parlerai maintenant.


La Maçonnerie est une école dans laquelle on éprouve graduellement l’aspirant pour en former un homme moral utile dans toutes les parties de la Société humaine où la divine providence l’a placé […]. [Dans cette école] on le forme […] sous le voile de divers symboles, emblèmes et allégories propres à exercer son intelligence suivant sa capacité. […] L’étude [de ces symboles, emblèmes et allégories] est adoucie par quelques amusements de société, honnêtes et décents, qui deviennent intéressants par le sel du mystère qui les accompagne. On le forme ainsi s’il ne l’était déjà, ou on le fortifie dans l’amour d’une pratique constante des devoirs religieux, moraux et sociaux, afin qu’il acquiert l’habitude de cette vertu aimable et douce […] mais qui ne peut mériter le nom de vertu qu’autant qu’elle est fondée sur les bases inébranlables de la religion chrétienne. Ainsi, quoique la société des Maçons ne soit pas une société religieuse, car toute controverse en matière de religion et de politique est expressément défendue dans toutes ses assemblées, cependant les principes maçonniques qui la dirigent sont intimement liés aux principes fondamentaux de la Religion sans lesquels nulle société particulière ne peut être essentiellement utile. Ainsi, pendant que le corps entier peut se rendre utile par la bienfaisance à la partie souffrante de l’humanité, chaque individu qui la compose peut y trouver aussi pour lui-même un avantage réel et inappréciable pour tout le cours de sa vie, et bien au-delà, s’il sait priser le bien que l’institut peut lui faire.


Voilà, Monsieur, une légère esquisse de la Maçonnerie en général. Je me fais un plaisir de vous la présenter telle que je la connais, je souhaite qu’elle vous soit agréable. Nous ne proposons à personne de se faire recevoir parmi nous, et en cela nous différons beaucoup des autres, mais nous devons quelques conseils et éclaircissements à celui qui se présente de sa propre volonté. Nous devons lui faire entrevoir que la démarche qu’il se propose de faire est beaucoup plus importante que plusieurs ne le pensent, afin qu’il puisse réfléchir mûrement avant de demander sa réception […].


Si après cet exposé vous persistez, Monsieur, dans le dessein que vous m’avez annoncé, je dois vous faire remarquer qu il n’y a nulle nécessité pour un homme de se faire recevoir Maçon, mais qu’il est de la plus grande importance pour un homme marié de ne faire aucune démarche essentielle qui puisse altérer le moins du monde l’union dans sa maison. Bien des femmes ont un préjugé contre la Maçonnerie ; tout injuste qu’il est, un homme sage ne doit pas le heurter de front. Parmi les femmes qui chérissent leur époux, il y en a qui regardent comme un temps enlevé aux douceurs de leur union celui que le mari destine à une association étrangère ; elles craignent quelquefois que ce qui est un bien apparent ou ne présente qu’un amusement honnête ne devienne une cause de dissipation nuisible de manière ou d’autre au bien commun de la maison. J’ose vous assurer que ces craintes sont sans fondement, mais on doit les excuser chez celles qui sont les premières victimes de leurs préjugés, et on doit agir à leur égard avec toute la prudence que suggère l’amitié. L’homme honnête qui s’est choisi une compagne doit lui rendre autant qu’il peut la vie douce, et ne pas la semer sans une nécessité absolue d’aucune amertume ; le bonheur n’existe que là où on le procure à tout ce qui nous environne. Le vrai Maçon doit être fidèle sujet, bon mari, bon père, bon ami, enfin il doit être tout ce que lui inspire l’amour de la vertu et de ses devoirs : voilà ses caractères essentiels. S’il ne les a pas, ou s’il ne les acquiert pas, il court grand risque de déshonorer la Société en se déshonorant lui-même […].


Je vous prie, Monsieur, de ne pas donner de publicité à cette lettre qu’une estime particulière a dictée, de peur que si elle venait à la connaissance de quelque Maçon, elle ne blessât, contre mon intention, ceux qui pourraient se reconnaître à certains portraits.


Jean-Baptiste WILLERMOZ

Le GPDG en région Parisienne et en Normandie

neustrie

Après avoir évoqué la Régence de Poitou – Limousin – Val de Loire, voici la suite du tour de France des Régences écossaises du Grand Prieuré des Gaules.

La Régence écossaise de Neustrie couvre l’Ile de France et la Normandie.


A Paris, dans le 18e arrondissement, quatre loges rectifiées se réunissent mensuellement :

  • la loge « Le Centre des Amis » le premier jeudi
  • la loge « Camille Savoire » le quatrième mardi
  • la loge « Amitié et Bienfaisance » le premier lundi
  • la loge « Bernard de Clairvaux » le quatrième mercredi

A Rouen se réunit la loge « Dumus Ardens » le quatrième vendredi de chaque mois.


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Entretien avec le nouveau Grand Maître adjoint du GPDG

CM

Henricus a Voce Clamante, vous avez été élu le 27 avril 2013 à la charge de Grand Maître adjoint du Grand Prieuré des Gaules. A ce titre vous êtes également en charge de la classe maçonnique dans le cadre de la Grande Loge Réunie et Rectifiée. Quelle idée vous faites vous de cette charge ? 


Je ne ferais de ma fonction ni un métier de retraité ni une expérience de record de salutations fraternelles. Puisque la mode est au non-cumul de mandat voir à son non renouvellement , je suis plus aisé à déclarer que je n’en briguerais pas un second et que donc je ne serais détourné par aucune sirène qui pourrait m’empêcher de faire et de dire ce que je crois et ce que je pense. J’ai dans ma jeunesse écrit un petit article sur une citation de Bossuet que j’ai fait mienne: « La liberté n’est pas de faire ce que l’on veut mais de vouloir ce que l’on doit! ». Seule la volonté du Grand Maître déterminera le cadre et les limites de mes actions.

Vous savez aussi que je reste un homme occupé par ailleurs et parfois éloigné géographiquement, mais je m’engage à visiter un maximum de loges pendant cette mandature. Je le ferais en plein accord avec les chefs d’ordres de tous les rites de notre Obédience dont je partage les richesses et l’enseignement maçonnique. Je suis avant tout un maçon et ce qui m’importe c’est le bonheur et l’enseignement que chaque rite offre aux hommes en quête du meilleur d’eux-mêmes. Vous savez que je suis un Rectifié pur et dur comme diraient certains, il n’empêche, toutes les voies, toutes les approches sont bonnes si elles gardent leur fidélité au rite, à son histoire, à sa vocation, et c’est le cas au sein du GPDG. Je les ai toutes empruntées pour mon plus grand bonheur.

Dans quel domaine pensez-vous pouvoir le mieux aider vos Frères ?

Un de mes objectifs sera de veiller a une meilleure circulation de l’information, car nous avons trop souvent constaté un réel déficit en ce domaine et je ne manquerai pas lors de mes visites en loges de vous rappeler toutes informations ou décisions dont vous devez avoir connaissance . je soutiendrais les VM et les FF qui voudront s’ouvrir au monde profane pour lui offrir la richesse des enseignements dont ils ont bénéficié. C’est une chance unique pour nous tous que de nous faire connaitre en tant que maçons chrétiens. Nous sommes tous FF bien sûr, mais pour nous cela ne relève pas d’une simple proclamation, mais d’une filiation, et quelle filiation ! Ne craignez donc pas d’offrir aux autres les lumières que vous avez reçues, agrandissons notre famille maçonnique en offrant la fierté de ce que nous sommes.Si nous ne servons pas, nos vies n’ont pas de sens. J’ai également le projet de développer et de fortifier le sentiment d’appartenance au GPDG en renforçant l’instruction et la formation des chefs d’ordres et dans ce but je réunirai dès l’année prochaine à cette même Saint-Georges tous les Députes Maîtres et les Vénérables Maîtres.

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Présence du GPDG en Poitou – Limousin – Val de Loire

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Nous entamons avec ce billet un tour de France des loges du Grand Prieuré des Gaules. Le Grand Prieuré des Gaules est structuré, pour ce qui concerne le Régime écossais rectifié, en Régences. Une Régence est un regroupement local de loges fonctionnante du premier au quatrième grades du Régime écossais rectifié.


Pour commencer, nous visitons la Régence du Poitou – Limousin – Val de Loire qui couvre les villes de Limoges, Tours, Niort et Nantes.


A Niort la loge « La Massenie du Saint Graal » se réunit le quatrième vendredi de chaque mois. A Limoges, la loge « Saint André de la Couronne d’Epines » se réunit à une date en cours de redéfinition pour cause de déménagement. A Tours la loge « Saint Martin Charité »se réunit à Vouvray chaque  quatrième vendredi du mois. A Nantes, la loge « Justcie et Clémence » se réunit chaque deuxième mercredi du mois.


Les maçons souhaitant visiter ses loges ainsi que les non-maçons souhaitant prendre contact avec l’une d’entre elles peuvent nous écrire au travers du formulaire ci-dessous :


[contact-form to=’publications@gpdg.org’ subject='[Contact Poitou Limousin Val de Loire’][contact-field label=’Nom’ type=’name’ required=’1’/][contact-field label=’Adresse de contact’ type=’email’ required=’1’/][contact-field label=’Ville’ type=’url’/][contact-field label=’Texte du Message’ type=’textarea’ required=’1’/][/contact-form]


Réélu le 27 avril, le Grand Maître du GPDG répond à nos questions

Par vote des représentants des loges le 27 avril 2013, le Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules a été réélu  pour un mandat de 4 ans. Il a installé le même jour les responsables de l’obédience dont certains sont élus et d’autres nommés. Le lecteur trouvera plus de détail sur la gouvernance de l’Ordre ici. Bruno Abardenti a répondu à nos questions à l’occasion de cette journée importante pour l’avenir du GPDG.

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Bruno Abrdenti, vous avez été élu samedi 27 avril par les représentants des loges du Grand Prieuré des Gaules pour un deuxième mandat de 4 ans. Quel bilan tirez-vous de votre premier mandat, notamment au niveau de vos relations avec le reste des obédiences et juridictions maçonniques ?

Le Grand Prieuré des Gaules a continué d’accueillir tous les Frères de toutes les Obédiences, pour peu que nous les invitions, repoussant ainsi la stupide équation reconnaissance-régularité. Puis, nous avons visité les cœurs et les Ordres sans jamais juger, mais bien plutôt en essayant de se féliciter d’un Rite écossais rectifié en plein développement témoignant donc à son insu peut-être, d’un christianisme en marche.

Le point d’orgue étant le 23 juin de l’année dernière où les juridictions rectifiées travaillaient ensemble à Lyon au grade d’Ecuyer Novice, montrant ainsi qu’au-delà des primaires divergences et des inutiles combats de chapelles, l’esprit rassembleur du Rectifié de Willermoz triomphait.


Quels autres événements marquants retiendriez-vous ?

Dans le but à la fois de conserver notre patrimoine, notre histoire, mais aussi d’être un Ordre en marche, nous avons simultanément célébré le soixante-quinzième anniversaire du Grand Prieuré des Gaules, le dixième anniversaire de la séparation d’avec la Grande Loge Nationale Française, développé nos moyens d’expression à travers les Cahiers Verts, mais aussi par la refonte et la publication de tous nos rituels ainsi que de notre site Internet, dont on retrouvera ces jours-ci une nouvelle architecture, une nouvelle arborescence.


De quoi sera fait le GPDG de demain ?

Beaucoup ont souhaité et espéré vivre cette sentence de l’Evangile de Jean : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi, fera lui-même les œuvres que je fais et en fera encore de plus grandes, parce que je m’en vais à mon Père » (Jean, 14-12). L’Ordre nous invite à garder cette parole, à la faire fructifier, à la vivre. Dans ce monde de cherchants où la civilisation s’enténèbre, notre rôle et notre mission, l’obligation chevaleresque et initiatique de l’Ordre, c’est d’être sentinelle des autres et gardien du prochain. Renoncer à cette diaconie maçonnique serait le reniement de nos engagements… En tant que Grand Maître, je placerai ma mandature exclusivement au service de ce témoignage-ci, celui de l’initiation.


Pour finir, pouvez-vous nous dire en quelques mots ce qu’est l’initiation pour vous ?

L’initiation parfaite n’est pas seulement martiniste, martinézienne, willermozienne, française ou écossaise, ni uniquement maçonnique et chevaleresque. Révélée à tous et permise à chacun, elle demeure l’initiation la plus haute parce qu’au cœur de Dieu, la plus charitable parce qu’en communion avec tous les hommes, la plus juste parce qu’elle va à l’encontre de ceux qui marchent vers elle, la plus utile à l’homme parce que la seule à pouvoir le restituer dans son état premier. Cette initiation dépasse tout ce qui existe, et surpasse tous les au-delà. Là où elle passe, l’en deçà trépasse. Cette initiation de la Gloire de Dieu qui ne se limite pas, est le Christianisme.

Janvier-Avril 2013 : Actualités du Régime rectifié

 

Blason Aquitaine

Le 12 janvier 2013, dans le cadre de la Préfecture d’Aquitaine, en la Vallée de Pau et en présence d’une trentaine de CBCS, le Grand Prieur Sergius Eques ab Arcanis Majoribus présida le Chapitre d’Armement d’un Ecuyer Novice qui porte désormais, dans l’ordre, le nom de Chevalier Franciscus Eques Forti Amoris Voce – de la Commanderie de Bordeaux. Le même jour un Chapitre de Noviciat pour 8 Maîtres Ecossais de Saint André.

 

Blason Neustrie

Le 23 février 2013, dans le cadre de la Préfecture de Neustrie , en la Vallée de Paris, le Grand Prieur présida un Chapitre de Noviciat pour un Maître Ecossais de Saint André.

 

Préf Poitou Limousin VDL

Le 27 février 2013, dans la Régence Ecossaise du Poitou-Limousin-Val de Loire, à l’Orient de Nantes fut installé par le Respectable Député Maître de la Régence Ecossaise le Respectable Frère Georges A. comme Député Maître de la Loge Ecossaise Justice & Clémence en présence du Député Maître général.

 

Le 6 avril 2013, la Régence Ecossaise d’Aquitaine se réunit à l’Orient de Bordeaux en tenue de Régence avec une participation d’une cinquantaine de Frères.

 blason Réunion

Le 15 avril 2013, la Préfecture de Neustrie s’est réunie en la Vallée de Saint Denis de la Réunion pour un Chapitre d’Armement de deux Ecuyers Novices – Thierry G. & Daniel L. – de la Commanderie de Notre Dame de la Salette et ce en présence de sept CBCS dont le Grand Prieur , le Préfet de Neustrie et le Roy d’Armes. Le même jour la Régence Ecossaise de Neustrie s’est réunie  à l’Orient de Saint Denis de la Réunion en tenue exceptionnelle de la Juste & Parfaite Loge Stella Maris en l’honneur du Déplacement des Grands Dignitaires du Directoire National des Loges Réunies et Rectifiées en présence d’une cinquantaine de Frères.

Présence du GPDG en Provence


Après la région Poitou – Limousin – Val de Loire évoquée ici-même il y a deux semaines, et la région parisienne et normande en début de semaine, nous vous présentons aujourd’hui nos loges rectifiées de la Régence écossaise de Provence.


 Blason Préfecture de Provence-fixed


La loge « Dom Pernety » se réunit à Avignon les deuxièmes lundis de chaque mois.


Les Loges d’Aix-en-Provence et de Marseille (« St Sauveur » et « André Moiroux ») travaillent ensemble le troisième lundi de chaque mois dans le 12e arrondissement de Marseille.


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