La Règle maçonnique approuvée au Convent de Wilhelmsbad

Rectifié

Chaque société a besoin, pour se maintenir et se développer, de se soumettre à des règles. Certaines règles, telles que les constitutions des états  ou les règlements intérieurs des associations définissent l’organisation interne ou encore les procédures de résolutions de litige par exemple. D’autres règles sont plutôt des « règles de vie » indiquant aux membres comment agir dans certaines circonstances ou face à certaines problématiques, des plus théoriques au plus pratiques.

Parmi les exemples les plus arquant de « règles », on pense d’abord aux règles monastiques apparues en Orient avec les règles de saint Pacôme (+ 346) ou celle de saint Basile (+ 379). Elles furent consolidées, en Occident, à Lérins, par saint Honorat (+ 430) et un peu plus tard par saint Benoît de Nursie (+547)Les règles des ordres monastiques toujours vivants en Occident en sont issues.

Qu’en est-il de la Franc-maçonnerie qui n’est ni ordre monastique ni ordre chevaleresque au sens strict du terme ? En tant que société organisée, la Franc-maçonnerie s’est très tôt dotée de règlements : ce furent les fameuses « Constitutions d’Anderson » écrites et traduites dans les années 1720 – 1730. Le Régime rectifié a cela de particulier qu’il chercha à mener une « rectification » de la Franc-maçonnerie en plein XVIIIe siècle. L’une des étapes fondamentales de cette rectification fut le convent national des Gaules tenue à Lyon en 1778 et une Règle y fut rédigée. Elle fut légèrement modifiée en 1782 à Wilhelmsbad lors du convent générale de l’Ordre.

Cette Règle maçonnique est en réalité spécifique à la maçonnerie rectifiée. Elle est encore de nos jours remise à l’apprenti le soir même de sa réception. Il est donc censé s’y astreindre s’il veut respecter son engagement et mener à bien son cheminement initiatique.

Le Recès du Convent de Wilhelmsbad (Cahiers verts, Hors série « Les convents », 2005, p. 125) l’évoque comme suit :

« Malgré que nos Loges se soient toujours empressées d’enseigner à leurs membres les préceptes de la morale la plus pure et de graver surtout dans le coeur des nouveaux reçus les leçons de la sagesse et de la vertu : nous avons cru devoir faire composer une règle générale pour tous les Maçons, qui leur traçât avec énergie ce qu’ils doivent à Dieu, à leur prochain, à eux mêmes, à leurs frères et à l’Ordre en général ; nous avons par conséquent adopté une règle, écrite dans les deux langues, pour être lue au Candidat lors de son initiation, et avons donné pareillement notre sanction à une paraphrase de cette même règle contenue en neuf articles, pour être soumise à sa méditation ultérieure et être lue quelquefois l’année dans nos Loges.Citation« 

On voit ainsi l’importance de ce texte parfois mis de côté, peut être en raison de la rigueur de ses exigences. Nous avons opté pour sa publication (cliquer ici) : on la trouve déjà ailleurs sur le web et depuis des décennies dans les livres disponibles partout, de plus elle n’est pas particulièrement divulgatrice de secrets maçonniques. Sa lecture permettra au maçon de mieux comprendre l’essence du Régime rectifié et au non maçon de mieux comprendre ce en quoi il s’engagerait s’il souhaitait rejoindre l’Ordre.

Cette Règle est une composante structurante du fond rituélique et doctrinale qui constitue le Régime écossais rectifié au sein du GPDG.

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